Far Cry 6 - Economise ta salive Dani, mais pas tes balles !

Far Cry revient et veut nous en mettre plein la tronche !

Il aura mis le temps à débarquer, mais le voilà enfin ce sixième épisode de Far Cry. J'entends déjà depuis des mois, les mauvaises langues dire "oui, c'est un open world générique, un copier-coller du 3 depuis des années, il n'y a rien de nouveau, etc." et je peux comprendre ces critiques. Mais, parfois il faut accepter certaines recettes qui fonctionnent. Il n'y a pas besoin de découper des tranches de fromages bizarrement, en remplaçant la charcuterie par du poisson et les patates par du riz pour faire une nouvelle raclette qui enterre la version originale "déjà vu". Bah là, c'est pareil. Quand on lance Far Cry 6, on sait à quoi s'attendre dans les grandes lignes, et on espère que le jeu nous tiendra en haleine avec assez de nouveautés/changements efficaces pour renouveler le plaisir. 

Oui, je te vois derrière ton écran

Far Cry 6 nous fait découvrir Yara. Un état fictif qui s'inspire pas mal de Cuba dans les grandes lignes. Qui dit Far Cry, dit antagoniste. Qui ne se souvient pas de Vaas dans le troisième épisode. J'ai également grandement apprécié celui du cinquième épisode, Joseph Seed. Dans cet épisode, nous devrons faire face à un dictateur coriace et impitoyable : Antón Castillo. Ubisoft a eu la bonne idée de faire appel au charismatique Giancarlo Esposito pour donner vie à ce personnage tout sauf sympathique. Castillo est décidé à rendre sa gloire à la nation, avec son fils Diego sous le bras. Et qui va bien pouvoir soulever ce régime et sauver la population locale ? Vous.

Règle numéro 53 : vider son chargeur avant un rencard

On incarne dans cet épisode, Dani Rojas, un ex-militaire souhaitant fuir l'ile de Yara dans l'espoir d'une vie meilleure aux Etats-Unis (le rêve américain...). Comme dans l'épisode 5, on pourra choisir d'incarner un homme ou une femme, et ce choix sera plus important que dans les précédents épisodes, car pour une fois notre héros ou héroïne sera bavard. Oui, il parle et cela fait du bien! Et sa tronche sera souvent mis en avant pendant les cinématiques. On est loin du Bernardo qui ne répondait jamais aux gens sinon en faisant un signe de tête.

Chorizo, au pied!

Lors qu'on débute dans Far Cry 6, on est clairement en terrain connu. Une introduction en mode "mauvais endroit au mauvais moment", un méchant qui se met en scène de manière violente, des pertes humaines, et notre personnage qui se retrouve bien malgré lui à devoir être le héros local. Dani Rojas a tout de même pour lui le fait de ne pas être un looser. Il sait combattre, il sait manier les armes. On n'a pas le sentiment qu'il a un guide "Devenir un héros pour les Nuls" dans la poche de son pantalon. Mais, il va vite apprendre comment survivre plus longtemps, être une machine à tuer lorsque le nombre d'ennemis dépassera l'entendement et surtout, être capable de reprendre le contrôle de chaque région. La trame n'évolue guère. On commence à un petit endroit du jeu pour se faire la main, et découvrir les bases puis les nouveautés de cet épisode. Puis, on nous fera découvrir la carte entière (qui est vaste pour le coup) avec ses régions, les bras droits de Castillo de chaque zone, et les résistants qu'il faudra aider pour qu'ils aient envie de mourir pour sauver Yara. 

Supremo rime avec sac à dos

Il y a tout de même pas mal de changement dans ce nouveau Far Cry. Tout d'abord, exit l'arbre de compétence. On ne pourra plus développer notre personnage comme un être hors du commun qui saute haut, tape fort et ne crève jamais. Mais pour changer cela, on pourra s'équiper de vêtements ou accessoires qui nous donneront des bonus ou capacités spéciales. Très vite dans le jeu, on nous fait comprendre cela au détour d'une mission avec des gants ignifugés pour nous sauver des flammes ou un masque à gaz pour ne pas être intoxiqué. Far Cry reprend un concept très connu dans les RPG, et cela permet aux fans de customisation de se faire plaisir, tout en donnant un côté stratégique à nos combats. L'habit fera le moine pour une fois. De même, on pourra bricoler des armes dans des établis. Bon, cela n'atteint pas la folie d'un Dead Rising sur ce point, mais c'est plutôt sympa comme concept. On pourra customiser nos armes, ou créer nos balles spéciales. Un silencieux par exemple pourra être installé, mais vu que cela a été torché sur un bout de table, il faudra pas s'étonner de voir ce dernier surchauffer et être plus bruyant qu'un pot de mobylette si l'on tire trop. 

Boire ou conduire il faut choisir

Les ennemis ont une barre de vie au dessus de la tête. Sans atteindre le côté RPG avec des PV qui descendent à chaque tir comme dans le hors série Far Cry New Dawn, il faudra tout de même utiliser parfois la bonne arme pour la bonne situation. Des balles perforantes ou explosives seront sans doute nécessaires pour détruire le blindage d'un ennemi. Sinon on pourra vider son chargeur pour rien ou presque, et cela le transformera en sac à PV. Les combats sont donc un peu plus subtil que par le passé. Mais sans atteindre le niveau de New Dawn qui lorgnait trop sur le côté RPG à mon gout. J'avais dit à l'époque pour cet épisode "les composantes RPG sont un peu pénibles et la gestion des camps ennemis à faire et refaire plusieurs fois pour gagner de l’éthanol afin de développer notre base, est franchement casse-couilles". Ce n'est pas le cas dans Far Cry 6. On est dans un bon équilibre entre la progression à l'ancienne des précédents Far Cry canonique et de celle basé sur l'XP de New Dawn. 

Léa et mon atelier de combattant

Far Cry 6 met l'accent également sur nos amigos, des bêtes sauvages qui nous ont à la bonne et qui sont de parfaits petits soldats pour nous aider à nettoyer des zones. Dans le précédent épisode, on avait des compagnons de route qui pouvaient être des humains ou des animaux. Dans cet épisode, ce sera la fête aux animaux : chien, crocodile, coq... Chaque animal a ses compétences propres qui seront utiles au combat. Le crocodile sera un monstre croqueur de chair fraiche alors que Chorizo, la petite saucisse sur roulette, sera un Sam Fisher aux oreilles pendantes. Classique donc, mais avec un petit côté plus stratégique tout de même. On pourra également développer des camps, pour débloquer des bonus, comme la cantine pour se faire des plats. Ubisoft n'a pas inventé l'eau chaude et le fil à couper le beurre dans ce nouveau titre, mais Far Cry a finalement plus de petits évolutions et de changements qu'il n'y parait. Comme par exemple avec le Supremo, un sac à dos "fufu la moquette" qui nous donne accès à des bonus dont une sorte de super coup spéciale qui peut s'utiliser une fois qu'on a chargé une barre de puissance en foutant le chaos. Il y a plusieurs types de Supremos, des plus bourrins comme celui qui balance des tirs de roquettes téléguidés sur des cibles, ou d'autres plus défensifs pour nous protéger des ennemis. 

Tout en finesse

Il y a par contre un point où Far Cry 6 n'a pas évolué et c'est tant mieux, c'est le gameplay. Je le trouve toujours aussi excellent. On prend le pad, on débarque sur Yara, et on contrôle notre Dani Rojas au doigt et à l'œil. Que ce soit dans des passages bourrins ou d'autres passages plus discrets, Far Cry est efficace dans son gameplay et bien aidé. On ressent bien le feeling des armes, c'est arcade bien entendu, mais c'est fun. Et quand cela pète de partout dans un déluge de feu, moi je suis content de pouvoir utiliser mon grappin pour atteindre des sommets, et m'enfuir en wingsuit avec le sentiment du travail bien fait. Niveau nouveauté, j'en profite, on pourra utiliser le cheval comme moyen de locomotion. Pas de soucis de ce côté là non plus, on se déplace aisément sur notre canasson, et on peut shooter les ennemis au passage.

Chorizo fera le prochain jeu Tour de France

Techniquement, Far Cry 6 est très beau dans cette version Xbox Series X. A noter que le jeu est Smart Delivery, une bonne chose pour ceux qui ont une Xbox One et qui attendent de passer à la Xbox Series X|S prochainement. Un pack de textures HD plutôt volumineux sera à télécharger en supplément pour les versions Xbox Series du jeu. Alors oui, c'est un titre crossgen, donc Far Cry 6 ne va pas vous faire tomber à la renverse. Mais c'est beau. Déjà, les environnements de Yara sont magnifiques, avec des couleurs qui pètent, de l'eau turquoise et des forêts luxuriantes. Les effets de lumières sont de qualité, et les textures sont à mon goût un cran au dessus des précédents épisodes. Les personnages sont également réussis, avec un sens du détail assez dingue lors des cinématiques. Au niveau des animations par contre, je n'ai pas noté d'évolution, ce n'est pas à ce niveau que les développeurs ont mis un coup de collier. Mais cela reste réussi. 

Petite balade à cheval

L'IA n'a pas vraiment progressé non plus. Les ennemis ont souvent une vue de lynx mais ils se retrouvent parfois dans des situations embarrassantes comme dans beaucoup d'open world du genre : bloqué dans une voiture, ne voit pas un cadavre à côté d'eux... Idem pour les PNJ qu'on croisera régulièrement et qui ont parfois tendance à venir se suicider sous notre voiture ou à courir au milieu de nos balles qui fusent sur les ennemis. Espérons que les choses évoluent dans un futur proche sur ce point. Cet épisode de Far Cry possède également une bande son bien travaillée avec des doubleurs français qui font bien leur boulot, des musiques qui accompagnent parfaitement l'action et des bruitages efficaces. Dans la continuité de la saga j'ai envie de dire. Niveau durée de vie, Far Cry 6 est un bon élève. On peut essayer de tracer le jeu en moins de vingt heures sans faire trop les quêtes annexes et en jouant en mode facile, mais si on cherche à tout faire à 100% en mode normal, il ne faudra pas compter les heures de jeu car cela peut durer très longtemps! Enfin, la coopération est de retour plus en forme que jamais. On pourra faire l'intégralité du jeu à deux et cette fois-ci le joueur invité conservera son expérience et son équipement. Une bonne chose, car cette licence est vraiment agréable en coop. Par contre, cela ne gardera toujours pas la progression de l'histoire si le second joueur veut jouer tout seul dans son coin. 

Bon, il est pas mal ce jeu

Vous l'aurez compris, Far Cry 6 est un jeu très solide. Il ne révolutionne pas la série, et n'apporte peut être pas un gap technique incroyable sur les consoles de nouvelle génération, mais c'est un putain de FPS en monde ouvert : fun, beau et nerveux. Ceux qui n'aiment pas la licence ont peu de chance d'avoir un coup de cœur, et les autres seront ravis de découvrir les terres magnifiques de Yara. J'espère tout de même pour le prochain opus, une plus grande prise de risque et un titre encore plus ambitieux sur le plan technique sans contraintes liées aux consoles de la génération précédente. Mais cela ne nous empêchera pas en attendant de profiter à fond de cet épisode complet et efficace!

Far Cry 6 Note XboxOrNot

sur 100

  • Beaux environnements
  • Durée de vie
  • Carte vaste
  • Coop
  • Bande son
  • Des nouveautés sympas
  • IA qui ne progresse pas
  • Un manque de prise de risque
  • Pas un gap technique affolant sur Next Gen
  • Notre barême en détail
Riggs
Par

Lui, on se demande ce qu'il fait ici. Il a sans doute sauté sur l'opportunité de pouvoir récolter quelques jeux gratos. Mais ça ne l'empêche pas d'avoir un score Xbox Live assez respectable.