FIFA 22 - La nouvelle génération a les dents longues ?

Cette année, le champion aura gagné le titre après une semaine de compétition !

FIFA 22 a débarqué, et il a un boulevard devant lui. En effet, la concurrence (Konami) a glissé sur le bord de la falaise et risque de mettre un moment à remonter. Du coup, je me lance dans cette nouvelle édition en me disant que "il y a intérêt que cela me plaise". L'année dernière, j'avais été très en colère sur FIFA 21 dans sa version Xbox One, qui ne proposait rien de nouveau et n'avait même pas eu le droit à la moyenne. Entre temps, il y a eu une version Next Gen transitoire qui est arrivée, et j'y ai joué des dizaines d'heure, principalement en Club Pro (vous n'êtes pas surpris si vous nous suivez un petit peu). Mais FIFA 22 sur Xbox Series se veut être une vraie nouveauté, un grand pas dans la nouvelle génération. Je préfère prévenir car la version Xbox One semble très proche de FIFA 21 (et même de FIFA 20 d'ailleurs).

Lui il aime le rouge

Lorsqu'on lance FIFA 22 la première fois, on est plongé dans l'action. Une introduction scriptée franchement bien foutue nous met dans la peau de notre personnage qui croisera la route de quelques stars (et pas que du monde du football) pour ensuite assister à une demi-finale de la Ligue des Champions au Parc des Princes entre le PSG et Chelsea. La mise en scène est top, les graphismes sont réussis, on a clairement envie d'y jouer. On sent qu'on veut nous en mettre pleins les yeux. Et cela marche. Après, il faut se calmer deux secondes. Les cinématiques sont jolies, mais une fois en match, il n'y a pas un gap de dingue. On est proche de ce de FIFA 21 dans sa version Xbox Series sorti fin 2020. En tout cas, au niveau des graphismes, de la modélisation des joueurs, des textures du terrain, etc. Par contre, au niveau des animations, il y a vraiment eu du travail de fait.

Des stades de toute beauté

Cette année, EA Sports met en avant sa technologie HyperMotion. C'est une nouvelle méthode de capture de mouvements collectifs qui rend l'ensemble plus cohérent. Une motion capture plus poussée qui permet d'avoir un nombre plus important d'animations et de petites séquences de célébrations par exemple plus détaillés. On sent un vrai gap à ce niveau donc, même si le reste du moteur de jeu n'a pas évolué. Les animations sont plus détaillées, plus décomposées, cela entraine d'ailleurs une modification dans le gameplay. Nos joueurs n'auront pas les mêmes déplacements, les mêmes courses, que dans les opus précédents. Qui dit plus d'animation, dit plus de phases de décomposition des mouvements. C'est plus réaliste, plus fluide mais il faut accepter qu'un geste soit du coup plus long à exécuter. Et j'aime ça. Une très bonne chose, qui couplé à un rythme de jeu globalement un poil plus lent, nous ramène à des parties plus plaisantes et réalistes. Du moins en solo contre l'IA, car en ligne, malheureusement, les mauvaises habitudes sont rapidement de sortie : pourquoi construire quand il suffit de balancer la balle en profondeur et de courir avec un joueur qui fait 1m57 pour 52kg pour fusiller le gardien à bout portant ? Cela n'a pas changé et ne changera peut-être jamais d'ailleurs...

La star de FIFA

Mais cette année, dans FIFA 22 les gardiens ont pris du poil de la bête. Ils sont devenus experts des arrêts réflexes. Les duels face au gardien ne seront plus si faciles pour les attaquants. C'est même limite cheaté de voir comme les goals ont le bras long sur certaines frappes. Du coup... Et bien les joueurs ont déjà vite adapté leur style de jeu : c'est la foire à la saucisse de la frappe enroulée au 18 mètres. Ce n'est pas un hasard si Thierry Henry débarque dès l'intro du jeu pour nous entrainer. En fait, si tu veux gagner tes matchs, tu dois savoir gérer le tir en finesse à la Titi Henry. Encore une fois, c'est une critique pour le jeu en ligne, car en solo, ce genre de problème est moins gênant. Et en Club Pro, je dois avouer que ce ne l'est pas trop non plus car les bots sont vraiment solides défensivement. Ils savent mettre le pied où il faut, et casser les lignes de passes ou les trajectoires de frappes. Par contre, à l'heure où j'écris ces lignes, je viens de voir qu'un patch était déjà prévu pour modifier quelques trucs dont les gardiens justement, pour les rendre moins forts à bout portant et plus efficaces sur les frappes de loin... Espérons que les mises à jour à venir ne vont pas flinguer les bonnes idées comme c'est souvent le cas d'année en année, pour faire plaisir à la "communauté"...

Il joue à eFootball 2022 sur mobile

Pour le reste, FIFA 22 fait du FIFA. On retrouve dans les grandes lignes, la même chose que les années précédentes. On commence par FUT, comme ça c'est fait. Et bien, on ne change pas une équipe qui gagne. Les fans de ce mode de jeu seront aux anges, les autres comme moi qui n'ont ni le temps, ni l'envie (ni l'argent) pour s'investir dedans s'en ficheront royalement. Le seul truc pas trop mal, c'est de pouvoir "voir" le contenu d'un pack avant de l'acheter. Mais bon, si tu as envie de cramer ta CB dans ce mode pour ne pas faire des centaines de matchs pour espérer avoir une star, un jour en pack, ce sera toujours possible. Le mode Volta de son côté passe en mode exclusivement en ligne, sans tout le tintouin d'un mode solo avec voyage à travers la planète pour faire des matchs de dingo avec ton crew. On sent, comme au fil des années avec le mode Aventure, que EA ne sait plus trop quoi proposer avec ce mode. Du coup, mis à par si vous aimez customiser votre personnage, il n'y a rien de transcendant dans Volta cette année.

Plus haut plus fort plus loin

Le mode Club Pro, le truc que je préfère et de loin, a peu évolué. On peut tout de même créer un avatar féminin, c'est une bonne chose, mais pour le reste, la structure n'a pas énormément changé. Il y a quelques trucs sympa tout de même. Déjà, il est possible de jouer en mode libre avec des amis. Une bonne chose pour s'entrainer avec des joueurs de son club ou d'autres potes, sans plomber la saison de notre... Club justement. De plus, un système d'atout a été mis en place pour nous donner un bonus pendant quelques minutes ou tout simplement pour débloquer certaines caractéristiques comme le second souffle ou améliorer les frappes de loin. J'aime beaucoup ce système. On peut personnaliser son stade que ce soit la pelouse, les couleurs des tifos ou la musique quand on marque un but et ça c'est cool. Enfin, les bots sont enfin rassurants. Je commençais à désespérer au fil des années. Ils jouent beaucoup plus proprement, ils n'attendent pas qu'on demande la balle, et ils sont solides au marquage. Couplé au niveau en hausse du gardien de but, cela nous permet d'avoir des scores beaucoup moins fantaisistes. Pour le moment, je n'ai pas eu de score fleuve complètement aberrant, cela ressemble beaucoup à des scores de football plutôt que de babyfoot. Le mode carrière a évolué et a repris beaucoup de composantes de l'évolution de notre avatar en mode Club Pro. De plus, on peut créer un club fictif. Une vraie bonne idée, qui rappelle un peu la Ligue des Masters de feu PES. Une dernière pelleté de terre sur la tombe de cette licence...

Le HyperMotion en image

La bande son est dans la lignée de la saga : c'est efficace. La playlist est sympa, les ambiances dans le stade plutôt folle et les commentaires cette année sont sans Pierre Ménès et cela fait du bien. Bon, on aurait aimé un peu plus de renouveau, car Hervé Mathoux il commence à prendre la poussière, mais c'est en tout cas bien plus appréciable cette année sur ce point. Je reviens sur l'ambiance des stades rapidement : c'est vraiment un des points forts de la licence. Les chants de supporters, le speaker du stade, les bruits sur le terrain, on est dans le feu de l'action. Le gameplay, j'en ai déjà parlé plus haut, évolue un peu grâce à l'HyperMotion, même si au niveau des commandes, il y a peu de nouveautés. J'aimerais que ce soit moins la Samba d'ailleurs sur le terrain, les dribbles dans tous les sens avec le premier joueur venu, c'est vraiment risible et énervant. Je regrette les jeux d'avant où à part la roulette et la feinte de frappe, tu ne pouvais pas faire grand chose. Je suis nostalgique parfois... Mais cela ne m'empêche pas de faire parfois le kéké balle au pied. Enfin pour finir, un petit truc agréable : les nouveaux écrans de stats, ultra complet que ce soit pour d'un point de vue individuel ou collectif. Top !

A fond les ballons

Au final, FIFA 22 profite des consoles de nouvelle génération pour monter en puissance. Les animations, la physique de balle, les temps de chargements, le rendu plus net des graphismes, on sent qu'on a mis un pied dans la Next Gen. Mais si on regarde de loin, ce n'est pas non plus le jour et la nuit, car le reste du jeu est très semblable. Il faudra espérer plus de risque, un nouveau moteur graphique peut-être, bref, une vraie refonte pour avoir un vrai nouveau jeu de foot moderne. Mais en l'état, c'est sans doute le meilleur FIFA depuis 4 ans. Et c'est également le meilleur jeu de foot de l'année. Bon, ce n'est pas un exploit je vous l'accorde. 

FIFA 22 Note XboxOrNot

sur 100

  • Les animations plus réalistes
  • Les ajouts des modes Carrière et Club Pro
  • Ambiance sonore
  • Plus de Pierre Ménès aux commentaires
  • IA des bots en net progrès
  • Rythme de jeu légèrement plus lent et posé
  • Les stats en match
  • Pas un gap technique de fou
  • FUT un jour FUT toujours
  • Frappe enroulé à 18m trop efficace
  • Volta en baisse d'intérêt
  • Notre barême en détail
Riggs
Par

Lui, on se demande ce qu'il fait ici. Il a sans doute sauté sur l'opportunité de pouvoir récolter quelques jeux gratos. Mais ça ne l'empêche pas d'avoir un score Xbox Live assez respectable.