Nike+ Kinect Training - Sanity Workout

Quand Nike a annoncé s'intéresser à Kinect pour développer un programme sportif, je dois avouer que je suis devenu très optimiste. En effet, depuis quelques années Nike+ c'est l'invention du sport social par Nike : montrer qu'on est le meilleur, n'importe où, n'importe quand. Une façon ludique de s'impliquer à fond. Et ça marche !

Nike, un spécialiste des vêtements de sports grand public qui s'intéresse à Kinect, voilà qui fait rêver. On a vu tellement de jeux de fitness être rébarbatifs ou peu engageants que l'on mise beaucoup sur la firme à la virgule.

Le concept est le même que pour tous les jeux de fitness : Nike+ Kinect Training est un programme d'entraînement sportif assisté par "ordinateur". Je ne reviendrais pas sur le débat incessant que les gamers aiment bien saisir avec des arguments, qui, ma foi, se tiennent mais ne m'indisposent nullement : "C'est pas un jeu ! Faire du fitness devant sa console, c'est comme utiliser sa Xbox pour afficher une recette de cuisine". Je préfère laisser parler les médisants.

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Le jeu se lance, je me place devant le capteur Kinect. Pour la première fois, je n'ai guère le choix... ce sera un test pour évaluer mes capacités athlétiques.
C'est une bonne pratique sportive : toutes les 4 semaines le test se répète, permettant de mesurer ses progrès. En attendant, je ne suis pas spécialement surpris, les exercices sont très classiques. Du squat bien entendu, quelques pompes, des sauts, des levers de genoux.
Ceux qui auront, par exemple, déjà essayé le programme Insanity Workout de Shaun T, ne seront pas du tout dépaysés, et se sentiront même en confiance. Surtout que, en comparaison, ça semble bien pépère.

Enfin, après quelques exercices, le verdict est rendu. Peu importe le score pour le propos de ce test, ce qui est intéressant c'est qu'un programme sur mesure soit crée. On indique les jours où l'on souhaite s'exercer, et hop. Y'a plus qu'à !

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Les entraînements, le gros du jeu, consistent à reproduire ce que fait le coach à l'écran. Kinect est là pour capter les mouvements, les reproduire à l'écran et les analyser. Je ne lève pas assez les genoux, le coach le verra. Je vais à un bon rythme, il m'encouragera en mettant en avant ma compétence.

Le feedback, c'est bien ce qu'on attend de ce style de jeu. Mais c'est sans compter que dans le royaume des aveugles les borgnes sont rois. Le jeu est effectivement capable de reproduire en 3D notre silhouette à l'écran. C'est alors à nous de faire le boulot de comparaison des mouvements avec ceux du coach. De quoi se tirer une balle parfois car on fait du sport, on n'est pas là pour réfléchir. Surtout que souvent notre avatar a tout du ridicule et casse un peu l'ambiance graphique du titre. C'est simple, il faut maintenant bien se saper pour faire du sport. Sinon on est condamné à subir des agressions visuelles constantes.

Je ne blague qu'à moitié. Purée, c'est Nike ! Des types qui vendent des articles de sports qui font la mode. Pourquoi ne pas avoir virtualisé l'avatar pour reproduire une version "enhanced" vêtue des derniers vêtements à la mode ?

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Le coach, lui, s'il respecte bien l'esthétique que l'on attend de la marque américaine, n'est pas toujours au top. Il n'est généralement pas assez encourageant et raconte un peu n'importe quoi. Ce n'est d'ailleurs pas les contraintes techniques de Kinect qui aideront à se mettre dans l'ambiance.

Quand tu veux jouer à Nike+, il faut que tu déplaces tous tes meubles, histoire d'être à environ 5 ou 7 mètres du téléviseur, et que tu puisses straffer sur environ 4-5 mètres. Si tu as 20 mètres carrés à consacrer à ce jeu, tu seras tout à fait à l'aise. Sinon, tu vas régulièrement pleurer en devant faire des mouvements foireux pour corriger une anomalie de distance, un mauvais placement, etc.
Autant de choses qui rendent les entraînements imbitables.

Il ne faudrait pas oublier qu'une partie du public susceptible d'acheter ce genre de jeu habite dans de petits espaces. Rayons de la carte des ventes la région parisienne, les principales grandes villes de France.
Le défaut n'est pas propre à Nike+, globalement tous les jeux Kinect ont ce soucis, mais il est là particulièrement exacerbé et problématique.
S'allonger pour faire des pompes et se voir hors cadre, sauter en l'air et se voir hors cadre, faire des sauts latéraux et atterrir hors cadre, etc. C'est plus que déplaisant et ça casse complètement tout motivation.

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A vrai dire, si l'on doit certainement imputer davantage ces problématiques à Kinect qu'à Nike+, il n'en reste pas moins que cela met un sérieux coup dans l'aile à toute initiative d'entraînement ambitieux. La contrainte va être si forte pour un tel nombre de joueurs que la frustration va être constante. A tel point que l'on souhaitera parfois que le jeu soit simplement une vidéo. Ce ne sont pas les trois-quatre exercices qui utilisent des interactions avec des murs virtuels ou des ballons numériques qui nous inciteront à penser le contraire.

C'est d'ailleurs peut-être la que résiderait la clé du succès d'un entraînement Kinect : ne pas essayer de s'occuper d'une quelconques reconnaissance pendant les entrainement, se contenter de montrer en vidéo, d'encourager, et de faire confiance au joueur. Mais utiliser Kinect en amont pour faire quelques tests très précis afin de pouvoir proposer un programme tout à fait personnalisé.

La logique serait alors celle d'un coaching certes davantage passif, mais peu encombrant, et sans doute moins frustrant tout en étant davantage efficace.

En attendant Nike+ se pose dans la moyenne des jeux de fitness, ne proposant rien de révolutionnaire, si bien que même le partage des scores de performance est plus qu'anecdotique. Quant à l'écrin, il est agréable, aseptisé comme il faut pour un jeu de fitness, à peine plus glamour qu'un Wii Fit.
Par contre, les progrès que l'on peut accomplir grâce au programme sont, eux, réels. Mais, pas de doute, on va plutôt ressortir les DVD d'Insanity Workout histoire de suer sans se faire suer (et je reste ainsi tout à fait poli).

Nike+ Kinect Training Note XboxOrNot

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Lui, il a commencé les jeux vidéo à 7 ans. A force de voir de tout, des jeux excellents comme du foutage de gueule en règle, il est devenu le blasé de la bande. Le cherchez pas, il est capable de vous affirmer que Max Payne 3 c'est vraiment trop pourri. Arguments à l'appui. Le pire dans tout ça, c'est qu'il ne joue même pas sur le Xbox Live. Crédible ?

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