PES 2014 - Reboot en touche

PES 2014 est arrivé, avec son nouveau moteur de jeu et des promesses à la pelle. Le vieux fan de la saga que je suis, qui jouait à l'époque où Roberto Larcos et Ravoldi étaient les vrais stars du ballon rond virtuel, espérait un retour du roi après des épisodes HD qui ont fait couler la licence. J'y croyais... et mon verdict est sans appel.

PES c'était mieux avant. Oui, je suis un gros con de vieux, mais il n'y a pas à dire PES c'était mieux avant. Pourquoi? Car les japonais sont doués pour exploiter des consoles avec trois bouts de ficelle et une baguette en bois, mais dès qu'on doit développer des jeux avec de la motion capture, des PC sous hormones et des synthétiseurs haut de gamme qui ne connaissent pas le midi, là, on sent que c'est nippon ni mauvais, mais qu'on va râler devant des trucs stupides. Prenez les sorties de jeux "jap" dans n'importe quel genre de jeu. C'est contemplaintif, c'est chiant, c'est buggé, c'est rigide, c'est... bon bref, je comprend pourquoi je veux jouer avec une machine qui vient du pays de l'oncle Sam, à des jeux édités par des bouffeurs de hamburgers : au moins ça claque du slibard. Et vu que je n'aime ni la Jpop ni les RPG...

Attaque de l'araignée !

Bref, on a l'impression que je m'éloigne mais en fait pas tant que ça. Konami fait tout un foin de son nouveau moteur, le Fox Engine. Un nouveau moteur pour une vieille console. La blague non? Non, en fait, ils font leurs armes pour pas être ridicule dès le début sur Xbox One et PS4. D'ailleurs, Metal Gear "c'est juste une boite" Solid 5 utilisera le même moteur, c'est qu'il croit au potentiel de ce dernier. Donc PES 2014 est un peu la beta test public pour Konami d'un renouveau pour leur jeu de foot phare et également leur nouveau moteur de jeux. Se doutant sans doute que ce ne serait pas parfait, ils ont décidé de lancer le jeu à petit prix, à 50 euros max. Sympa pour les fans, les autres, je pense qu'ils s'en carrent l'oignon, ils ont déjà réservé FIFA 14. PES 2014, c'est le renouveau, un jeu tout neuf, avec les avantages et les inconvénients d'un jeu tout neuf. Prenons FIFA 08 : c'était prometteur, mais il manquait pleins d'options, de mouvements, de funs, et surtout, il y avait pleins de petits défauts. Mais on sentait le potentiel, le début d'une nouvelle ère, après des épisodes merdiques à souhait où Ronaldinho sur la jaquette était le seul truc fun. Konami tente le même coup avec son PES 2014. "Hé les gars, c'est tout neuf, on vous le sort comme ça, mais vous verrez dans un ou deux ans, ce sera génial". On peut résumer PES 2014 par la tagline suivante : un bon jeu bancal et pas fini. Etonnant non?

Vu de haut comme ça, si on enlève le logo PES, on dirait FIFA

Déjà mettons en avant les "qualités japonaises" de PES 2014 : la bande son et les menus. C'est simple, on a l'impression de jouer à Super Soccer sur Super Nintendo. Bon j'exagère... On a le sentiment en tout cas de se retrouver devant un jeu de foot qui a 15 ans dans le nez. Les menus sont navrants, avec la petite flèche de souris comme curseur, aucune animation ou presque, juste des gros rectangles et du texte. Au moins, on est en HD, c'est net. Le choix de maillot est déplorable, les menus de Master League en mode low cost, ceux des formations et de tactiques d'une tristesse profonde... Bref, ils ont fini le budget sur les menus, et il devait pas rester grand chose. Pour la bande son, entre le retour de Darren Tulett aux commentaires qui fait toujours aussi mal aux tympans (non mais sérieux, il sert à rien ce type...) et une playlist d'ascenseur en mode "Do Brazil" qui gave au bout de 5 minutes, on tient le pompon. Les supporteurs font du bruit mais l'ambiance est quand même loin d'être génial. Konami a bossé sur les supporteurs d'un point de vue graphique, mais au niveau sonore, c'est pas encore ça. Et les bruitages en jeu sont inexistants, ou du moins pas percutant. Va falloir revoir tout ça les gars.

Les coups de pied arrêté sont... bizarres quand on découvre le truc

Le Fox Engine, il déchire sa mère. Enfin il parait. Alors oui, les visages des stars du ballon rond sont réussis (à part quelques ratés) mais le hic, c'est que leur nombre est restreint et dès qu'on ne joue pas avec des internationaux connus, on se tape des visages lambdas. Pourtant, c'était la force des PES de proposer un nombre impressionnant de joueurs photoréalistes. On critiquait FIFA sur ce point à l'époque, et bien, la roue a tourné, la faute à un changement de moteur, car du coup, il faut tout refaire. J'ai fait un test avec l'OM. Alors oui, Valbuena et Mandanda ressemble à quelque chose. Mais Fanni, Ayew, Gignac et d'autres, ressemblent à n'importe quel autre joueur d'autre équipe. C'est moche! Et je ne vous parle pas des transferts pas à jour... Bale au Real Madrid ?? Non. Mais Neymar est au Barça. En gros, ils ont stoppé la mise à jour des effectifs avant de partir en congés d'été ces feignasses de développeurs. Un mauvais point pour le réalisme... surtout que les licences manquantes se font toujours remarquées en Premier League avec Man Blue par exemple pour Manchester City. Je kiffe...

La licence Ligue des Champions nous offre un style TV des plus réalistes.

En tout cas, le Fox Engine provoque un petit rictus sur le joueur qui tient la manette : PES pompe à mort FIFA. Honnêtement, si on est pas regardant aux détails, avec une vue de haut assez éloignée, les jeux sont très proches. Et la maniabilité de ce nouveau cru piochant très clairement dans les idées du concurrent direct, on se dit que Konami n'ose pas imposer son titre, mais plutôt de copier celui qui marche. Mauvaise idée je pense, car les fans de PES vont sans doute être déçus. PES 2013 avait au moins le mérite de proposer un football champagne malgré son IA en bois et ses arbitres de merde. Là, on garde l'arbitre inutile et l'IA en bois (du moins pour les gardiens, qui font vraiment peur des fois) mais on rajoute une remorque de 10 tonnes à chaque joueur, et hop on a PES 2014. C'est mou du genou ma parole. Alors oui, ça veut jouer au réalisme, mais bordel, les joueurs professionnels, quand ils courent... ils courent vraiment. Là, on sent une accélération au début et puis d'un coup notre joueur semble touché par un champ magnétique opposé qui le freine pour que le défenseur le rattrape, lui foute un coup d'épaule et le double. Ok, bon, je vois le principe, on veut donner des matchs serrés où la tactique prime sur le jeu en trois touches de balle, où la construction est primordiale. Mais il faut pas pousser Darren Tulett dans les orties! Enfin si, il le faut, car il est saoulant, mais il faut pas nous prendre pour des cons non plus. On joue à un jeu de foot pour s'éclater. Si on veut jouer à un jeu collectif où la tactique est importante, on a Madden, et puis c'est tout. 

Le budget pub dans ce match n'est pas génial

Jouer à PES 2014 a été pour ma part frustrant. On voit qu'il y a un potentiel, que le jeu est agréable sur certains points. Mais en fait, on voit surtout que si c'est agréable c'est parce qu'ils ont pris la direction qu'offre FIFA depuis quelques temps, que le carnage des années passées n'est plus là, et que le gameplay offre une progression intéressante. Mais il va falloir s'accrocher pour comprendre le système de dribles un peu bancal (un stick gère la direction du joueur, l'autre celle du ballon) des contacts un peu trop exagérés, un jeu aérien qui ressemble pas à grand chose, et toujours ce côté mollasson que j'ai expliqué plus haut. Et ce ne sont pas les modes de jeux qui vont permettre de nous impliquer. Les modes Master League et Deviens une Légende sont moroses... tristes... chiants... complets... mais chiants... On n'est pas aidé par les menus, la lourdeur de l'interface et les temps de chargement. Si PES veut revenir au top, il va falloir maintenant passer au stade du dépoussiérage des modes de jeux et des l'aspect esthétique de l'interface. Sans oublier la bande son les amis merci...

Il pleut des post-it !!!

PES 2014 est un avant gout du futur de la licence de Konami. Pour le moment, on a un jeu bancal, qui propose un FIFA bis pas encore bien exploité. On peut se demander l'intérêt d'un tel jeu du coup pour le moment vu que la concurrence est au point. Il aurait du faire l'impasse une année ou deux, un peu à la manière de EA avec son NBA Live, histoire de ne pas faire peur aux acheteurs de PES 2014, qui vont se dire à la sortie du 2015 : non merci, on m'a trop pigeonné les gars! A vos risques et périls les gens! PES 2014 est un jeu bâclé qui préfigure peut-être un bon jeu à l'avenir, mais qui est sorti cette année à la va vite pour pas rater le côté annuel de la saga. Si vous voulez payer pour financer le développement de la suite, allez-y, soutenez nos amis japonais. Ils ont du sushi à se faire sinon!

PES 2014 Note XboxOrNot

sur 100

  • Nouveau moteur prometteur
  • Gameplay qui tient la route globalement
  • Une bonne beta pour le futur de PES sur nos consoles
  • Petit prix
  • Musique de merde
  • Darren Tulett
  • Interface d'un autre age
  • La caravane au cul de nos joueurs
  • Mode carrière peu palpitant...
  • Notre barême en détail
Riggs
Par

Lui, on se demande ce qu'il fait ici. Il a sans doute sauté sur l'opportunité de pouvoir récolter quelques jeux gratos. Mais ça ne l'empêche pas d'avoir un score Xbox Live assez respectable.