Test de 9 Years of Shadows – Fuir les ténèbres

Dans 9 Years of Shadows, on incarne Europa, une guerrière qui n’a visiblement pas peur de se lancer tête la première dans Talos, un immense géant mécanique corrompu, histoire de lui faire comprendre que les ténèbres, c’est pas son truc. Pour ne pas sombrer dans la morosité, elle est accompagnée d’Apino, un petit ours flottant aussi mignon qu’utile, capable de tirer des projectiles, soigner les bobos et surtout ramener un peu de couleur dans ce monde délavé. Au programme : exploration, combats, pouvoirs élémentaires et une bonne dose de pixel art. Ah, et une bande-son signée par des pointures de l’industrie, rien que ça.

Visuellement, on est dans un pixel art 16 bits bien léché. Quand les couleurs reviennent, c’est même plutôt joli, presque poétique. Mais quand on reste dans les tons grisâtres, ça rappelle un peu l’Atari en fin de soirée, et là… les yeux crient pitié. Heureusement, la DA globale est solide et ne se laisse pas tenter par la 3D malheureuse. Les environnements sont détaillés, vivants, et transpirent l’amour du genre.

Côté animation, Europa a la bougeotte et c’est tant mieux. Les déplacements sont nerveux, les combats fluides, et chaque coup de hallebarde est suffisamment punchy pour donner envie de continuer à trancher du monstre corrompu. La maniabilité ne déçoit pas : ça répond au doigt et à l’œil, sans latence agaçante ni saut lunaire mal fichu.

La bande-son, quant à elle, mérite une standing ovation. Que ce soit dans les moments calmes ou pendant les affrontements, les morceaux font mouche. On sent la patte des compositeurs invités, et certaines pistes sont carrément mémorables. C’est bien simple : l’OST colle tellement à l’ambiance qu’on a presque envie de l’écouter en dehors du jeu, histoire de se replonger dans Talos même sans manette en main.

Le gameplay se place clairement dans la tradition des Castlevania post-Symphony of the Night et des Metroid plus modernes, mais avec une petite particularité : pas de système d’XP ni de gros RPG derrière. On progresse en débloquant de nouvelles capacités, souvent après avoir mis une bonne raclée à un boss ou trouvé un artefact. Double saut, esquive, transformation aquatique… tout arrive à un rythme régulier, ce qui évite la lassitude et rend le backtracking agréable.

L’exploration est bien pensée, la carte se parcourt avec plaisir, et on ne tombe pas dans le piège du remplissage forcé. Les 9 à 10 heures de jeu passent comme une lettre à la poste, et franchement, c’est pile ce qu’il faut pour ne pas saturer.

En résumé, 9 Years of Shadows est un metroidvania sympa et efficace si on aime les jeux du genre en pixel art 2D. Beau, maniable, doté d’une OST magistrale et d’un rythme maîtrisé, il ne révolutionne rien mais coche toutes les cases pour tenir en haleine du début à la fin.