Test de A.I.L.A – Alexa veut notre mort

A.I.L.A est un jeu d’horreur à la première personne qui nous projette dans un futur proche où les technologies immersives ont clairement dépassé le stade du gadget. Vous incarnez le testeur unique d’une IA révolutionnaire censée créer des expériences vidéoludiques toujours plus poussées. Sur le papier, cela ressemble à une belle promesse. Manette en main, c’est surtout une descente progressive dans un cauchemar où les frontières entre virtuel et réel se fissurent joyeusement.

De beaux décors

On incarne donc Sam, testeur de jeux vidéo, vivant dans une immense maison futuriste avec un chat car bon, il faut toujours un chat dans un jeu vidéo. L’arrivée d’A.I.L.A, une IA chargée de concevoir des jeux VR, va rapidement transformer son quotidien en enfer numérique. Le jeu débute fort avec une première expérience façon culte dégénéré, très gore, très nerveuse, qui sert aussi de tutoriel. Le tout se conclut par une scène de mort absolument marquante, impliquant une explosion nucléaire, rien que ça.

Un fusil à pompe quand je vais à la pompe

Une fois ce premier choc passé, Sam et A.I.L.A commencent à collaborer plus sérieusement après la livraison d’un nouveau PC VR et d’un casque flambant neuf. Le jeu adopte alors une structure intéressante avec des phases dans la maison et d’autres dans les jeux conçus par l’IA. L’interface rappelle les classiques du genre (Capcom si tu nous entends) avec de la combinaison d’objets, des emplacements à activer et même un ordinateur entièrement interactif pour naviguer entre les séquences. C’est malin, cohérent et surtout très immersif.

Tout va bien

Côté technique, A.I.L.A repose sur l’Unreal Engine 5 et fait clairement le boulot. Le jeu est fluide, solide, avec un framerate constant peu importe l’action à l’écran. Visuellement, c’est propre et efficace, sans chercher la surenchère inutile. Cette stabilité technique renforce énormément l’immersion, d’autant plus que la bande son est très réussie. Les bruitages sont soignés et au casque, certains passages font vraiment sursauter comme il faut. Le malaise est souvent présent et quelques belles frayeurs viennent rappeler que l’on n’est pas là pour se détendre.

Mel ?? Tu es là ?

Le doublage en VO est de très bonne qualité, notamment celui de Sam et bien sûr d’A.I.L.A, qui parvient à être à la fois froide, intrigante et inquiétante. La traduction française est propre et sérieuse, ce qui est toujours appréciable dans un jeu narratif de ce type. L’histoire se suit avec intérêt, même si le jeu préfère suggérer plutôt que tout expliquer, ce qui fonctionne plutôt bien ici.

La durée de vie tourne autour de cinq heures, ce qui reste cohérent pour un jeu d’horreur narratif. A.I.L.A enchaîne les situations variées sans trop s’étirer. On passe d’une ambiance très proche de Resident Evil 7 à un passage oppressant dans des champs de maïs façon film Signes, avant de basculer dans un univers médiéval peuplé de morts-vivants. Clairement, on ne s’ennuie pas et cette variété empêche la lassitude de s’installer.

Les deux Tours

Le gameplay est globalement solide, avec des déplacements corrects et des énigmes bien pensées. Certaines idées sont vraiment excellentes, comme ce passage où il faut jongler entre différentes réalités via une télévision. En revanche, la visée laisse à désirer. La zone morte du stick droit est bien trop élevée, ce qui rend les phases de tir moins précises et parfois frustrantes, surtout sur la fin du jeu. C’est dommage, car cela tranche avec la qualité du reste de l’expérience.

V/H/S

Au final, A.I.L.A est un bon jeu d’horreur. Si vous aimez les jeux comme Resident Evil 7 ou Visage, vous serez clairement servi. Une très bonne surprise, pas parfaite à cause d’une visée peu précise, mais tout le reste est très bien fait. Un cauchemar maîtrisé qui mérite largement qu’on s’y perde, volontairement cette fois.