Dès les premières secondes, on sent qu’on n’est pas là pour rigoler. Emir, influenceur en quête de sensations fortes, décide de visiter un immeuble abandonné où deux jeunes filles ont joué à « Satan, es-tu là ? » en 2009. Spoiler : elles n’ont pas eu de réponse, mais elles ont eu un game over IRL. L’ambiance est glauque, les murs sont décorés façon « Ikea version apocalypse », et chaque couloir semble te murmurer « tu vas regretter d’avoir lancé ce jeu ». Bref, si tu pensais que ton appart avec la fuite d’eau était flippant, attends de voir celui-là.

Au niveau des graphismes, c’est simple : le jeu est tellement sombre qu’on se demande si ce n’est pas pour cacher la misère. Les textures font penser à un vieux mod Half-Life 2 bricolé un dimanche après-midi, et les animations… comment dire… elles ont autant de grâce qu’un GIF de Shrek qui danse sur TikTok. Ajoute à ça des bugs de collision et des scripts qui se déclenchent quand ils veulent, et tu obtiens une expérience visuelle qui ferait passer les décors de Resident Evil 1 pour une œuvre d’art.

Concernant le gameplay, prépare-toi à souffrir. L’ergonomie est catastrophique : pas de pause, donc si tu es attaqué, oublie l’idée d’équiper quoi que ce soit. La lampe torche est un sketch à elle seule : il faut l’équiper dans l’inventaire, puis l’allumer avec LB. Et dès qu’une action contextuelle te la retire des mains, c’est retour dans le noir complet. On dirait un escape game conçu par quelqu’un qui déteste les joueurs. Même Dark Souls te laisse respirer entre deux humiliations.

Pour la bande-son, heureusement, il y a un peu de lumière dans ce tunnel (enfin, façon de parler). Les musiques sont stressantes comme il faut, les bruitages te donnent envie de vérifier derrière toi toutes les deux minutes, et les monstres… eh bien, ils sont moches, mais ça marche. Mention spéciale à la vieille folle avec les cheveux en pétard : elle pourrait faire un caméo dans The Ring sans qu’on remarque la différence. Comme quoi, parfois, le moche, c’est efficace.
Concernant la durée de vie, c’est honnête sans être révolutionnaire. L’histoire est intéressante, même si elle recycle des clichés vus mille fois, et elle se connecte au précédent jeu du studio, Y. Village: The Visitors, via des notes disséminées. Si tu aimes fouiller pour comprendre le lore, tu seras servi. Sinon, tu risques de te dire « ok, j’ai compris, c’est hanté, on peut sortir maintenant ? ».

En conclusion, Apartment No 129 est un jeu qui veut te faire peur, et il y arrive… mais souvent pour de mauvaises raisons. L’ambiance est réussie, mais la technique est à la ramasse, et l’ergonomie te donne envie de lancer ta manette par la fenêtre. Si tu cherches un survival horror turc avec des vibes de creepypasta et des bugs qui font office de jumpscares, tu as trouvé ton bonheur. Sinon, passe ton chemin et regarde un film Bloumhouse, ça sera moins frustrant.