Test de Backrooms: Poolrooms – La backroom humide

Se retrouver lâché dans une piscine géante sans maître-nageur, sans sortie visible et avec la vague impression qu’on va mourir noyé par quelque chose d’invisible, c’est le programme réjouissant proposé par Backrooms: Poolrooms. Le jeu reprend le concept bien connu des Backrooms et le trempe cette fois dans une eau jaunâtre, éclairée au néon fatigué, quelque part entre un rêve fiévreux et une mauvaise idée d’architecte des années 90. Dès les premières minutes, on comprend que l’objectif n’est pas de s’amuser mais de survivre, seul, mouillé et légèrement stressé, comme si on avait fusionné un épisode de X-Files avec une piscine municipale fermée depuis 1997.

Il faut aimer les carreaux blancs

Au niveau des graphismes, difficile de faire semblant plus de cinq minutes. Le jeu est franchement moche et assume un effet VHS qui sert surtout de cache-misère. Les environnements sont vides, répétitifs et donnent rapidement l’impression de tourner en rond dans la même piscine clonée à l’infini. La vue subjective renforce l’immersion, certes, mais aussi la monotonie. Quant aux monstres invisibles, leur absence visuelle devient vite plus frustrante qu’effrayante. On a parfois l’impression de jouer à cache-cache avec un bug sonore plutôt qu’avec une entité surnaturelle réellement menaçante.

Il a préféré se suicider, ça sushi les conneries

Concernant le gameplay, Backrooms: Poolrooms se place clairement dans la catégorie walking simulator, sans chercher à le cacher. On avance, on observe, on écoute et on essaie de ne pas faire trop de bruit dans l’eau. Sur le papier, l’idée des éclaboussures qui trahissent votre position est intéressante, mais dans les faits, les contrôles sont rigides et peu agréables. Mention spéciale aux escaliers, véritable boss final du jeu: avec des palmes aux pieds, monter des marches devient une épreuve digne d’un mauvais QTE, obligeant à sauter comme un pingouin alcoolisé. Autant dire que la tension laisse parfois place à l’agacement pur et simple.

Où est la lumière?

Pour la bande-son, l’ambiance fait le minimum syndical. Les bruitages d’eau sont omniprésents, ce qui est logique vu le décor, et quelques râles inquiétants viennent rappeler que quelque chose vous observe. De temps en temps, une musique stressante surgit pour tenter de relancer la pression, mais l’ensemble reste assez fade. Rien de mémorable, rien qu’on aurait envie de fredonner sous la douche, sauf peut-être par ironie. Le sound design fait le travail sans jamais transcender l’expérience.

Cela me rappelle l’Aqua Mundo

Concernant la durée de vie, le jeu ne cherche pas à étirer inutilement son concept. En une petite soirée, l’affaire est pliée, ce qui évite au moins la lassitude totale. En revanche, l’absence de contenu annexe ou de rejouabilité se fait sentir, tout comme le fait que le jeu soit uniquement en anglais. Ce n’est pas bloquant pour tout le monde, mais cela ajoute une petite couche de distance supplémentaire dans une expérience déjà assez froide.

Les escaliers… en palme

Au final, Backrooms: Poolrooms est un jeu peu inspiré qui mise tout sur son ambiance sans réellement lui donner les moyens de fonctionner sur la durée. Entre visuels paresseux, gameplay rigide et sensations limitées, l’expérience devient rapidement plus ennuyeuse qu’angoissante. Une curiosité pour les fans hardcore des Backrooms, mais pour les autres, mieux vaut garder la tête hors de l’eau et aller voir ailleurs.