Blast’N Bounty ne m’a pas fait lever un sourcil, mais il ne m’a pas non plus laissé complètement froid. J’ai surtout eu devant moi un shmup correct, avec une idée de parcours un peu plus souple que d’habitude, et c’est déjà ce qui l’empêche de tomber dans le simple copier-coller. Le problème, c’est qu’en avançant, je n’ai jamais senti qu’il allait plus loin que ça.

Le principe du choix des stages change un peu la manière d’entrer dans la partie, et je dois reconnaître que ça m’a aidé à ne pas décrocher tout de suite. J’aime bien quand un jeu de tir me laisse respirer entre deux passages, quand il me donne l’impression de choisir ma trajectoire plutôt que de subir une ligne droite. Ici, ça fonctionne, mais ça reste un habillage malin autour d’un squelette qui ne cherche pas spécialement à se réinventer.

Il y a quelque chose d’assez honnête dans sa manière de se présenter. Le jeu ne fait pas semblant d’être plus profond qu’il ne l’est, et je préfère ça à un titre qui se prendrait pour une grande surprise alors qu’il n’en a pas vraiment les épaules. En même temps, cette franchise a un revers : une fois la petite idée de départ intégrée, il reste surtout un shmup très classique dans sa façon d’occuper l’écran.

Ce qui me laisse un peu à distance, c’est que je n’ai jamais eu l’impression qu’il cherchait à créer un vrai moment fort. Ça tire, ça avance, ça propose ses huit étapes, et puis ça déroule sans jamais vraiment me surprendre sur le fond. Je peux suivre le mouvement, mais je ne sens pas cette petite accroche qui me fait rester pour autre chose que l’exercice lui-même.

Visuellement, il y a bien ce mélange de pixel art et de low poly qui lui donne une silhouette un peu moins banale. Ça l’aide à exister, surtout dans un genre qui recycle souvent les mêmes codes sans trop se casser la tête. Mais là encore, je ne vais pas faire semblant d’y voir un grand geste artistique : ça fait le boulot, ça a sa gueule, et ça s’arrête à peu près là.
Du coup, je garde surtout l’idée d’un jeu qui passe sans s’imposer. Il a une petite astuce de structure, un habillage correct, et une honnêteté qui le rend plus acceptable qu’ennuyeux, mais je ne vais pas me mentir non plus : il ne m’a pas marqué. Je l’ai traversé comme on traverse un titre de genre bien rangé, sans déception franche, mais sans envie pressante d’y revenir.
