Sorti tout droit des entrailles des années 90, Blood: Refreshed Supply remet en scène Caleb, pistolero mort-vivant au sourire carnassier, bien décidé à régler ses comptes avec Tchernobog, son ancien maître démoniaque. Trahi, exécuté puis ressuscité, notre anti-héros traverse 42 niveaux généreusement arrosés d’hémoglobine pour faire parler la poudre, la dynamite et quelques armes franchement pas recommandées par l’OMS. Cette version inclut le jeu original ainsi que les extensions Plasma Pak et Cryptic Passage, histoire de ne laisser aucun démon respirer tranquillement.

Blood, c’est avant tout un pur Doom like à l’ancienne, celui auquel on jouait sur Windows 95 en réglant le volume des enceintes pour ne pas alerter toute la maison. Le jeu ne s’embarrasse pas de fioritures modernes et mise tout sur un gameplay ultra nerveux. Ça court, ça saute, ça esquive dans tous les sens et la moindre seconde d’inattention se paye cash. Ici, pas de couverture ni de régénération magique, il faut apprendre à danser avec les balles.

Le feeling des armes est toujours aussi jouissif. Fourche, dynamite, fusil à canon scié ou poupée vaudou, chaque outil de destruction à sa personnalité et son utilité. Certaines armes sont même délicieusement cruelles, avec ce petit côté sadique typique de Blood. On sent que le jeu prend un malin plaisir à proposer des moyens d’élimination aussi efficaces que tordus.

La durée de vie est solide, surtout avec les extensions incluses. Entre la campagne solo bien dense et le mode multijoueur, il y a de quoi faire pour les amateurs de FPS old school. Les niveaux sont labyrinthiques, parfois piégeux, souvent exigeants, et demandent une bonne dose de memoire et de reflexes pour s’en sortir proprement.
Côté difficulté, Blood ne fait pas semblant. Plusieurs niveaux sont disponibles, mais même en mode raisonnable, le jeu reste exigeant. Les ennemis arrivent en meute, frappent fort et ne vous laisseront aucun répit. Zombies, gargouilles, chiens de l’enfer et autres joyeusetés infernales transforment chaque couloir en potentiel piège mortel.

Graphiquement, on est clairement sur un FPS du début des années 90. Les pixels sont bien visibles et les animations rudimentaires peuvent piquer les yeux aujourd’hui. Mais cette direction artistique a une vraie vibe old school qui parlera aux nostalgiques. Idem pour la bande son, avec des musiques qui accompagnent efficacement l’action, des bruitages vieillots et des voix pas toujours mémorables, mais parfaitement dans le ton.

En conclusion, Blood: Refreshed Supply est un FPS old school efficace si on aime les FPS old school. Rude de le découvrir aujourd’hui, mais il faut saluer le portage complet et respectueux, qui permet de replonger dans un classique brutal, exigeant et toujours aussi jubilatoire pour qui accepte ses rides.