Six ans après avoir laissé les joueurs Xbox regarder le match depuis les tribunes, Captain Tsubasa 2: World Fighters revient enfin avec l’envie de faire trembler les filets et les rétines. Cette nouvelle aventure nous plonge dans l’arc World Youth, où Tsubasa Ozora et ses coéquipiers poursuivent leur rêve de gloire mondiale à coups de tirs défiant les lois de la physique. Entre duels épiques, super techniques extravagantes et scènes cinématiques plus dramatiques qu’un épisode final de série japonaise, le jeu assume totalement son ADN : ici, le football est un sport où un tir peut ressembler à une attaque de boss dans un RPG. Et franchement, c’est exactement ce qu’on était venu chercher.

Concernant le mode Histoire, Bandai Namco a clairement mis les petits plats dans les grands. La campagne reprend fidèlement l’arc World Youth sous la supervision de Yoichi Takahashi, tout en ajoutant des scènes inédites et des interactions plus développées entre les personnages. On incarne un membre de la sélection japonaise et l’on découvre progressivement les rivalités, les ambitions et les drames sportifs qui font le charme de la licence. Certains dialogues s’étirent parfois un peu trop longtemps, comme une réunion Teams qui aurait dû être un e-mail, mais ils participent à l’ambiance générale. Les sous-titres français sont appréciables et la version japonaise apporte une authenticité qui fait rapidement oublier les quelques longueurs du scénario.

Du côté du gameplay, World Fighters réussit à trouver un équilibre intéressant entre accessibilité et profondeur. Il ne faut surtout pas s’attendre à une simulation façon EA Sports FC 27 : nous sommes ici en plein territoire arcade. Les affrontements reposent sur le timing, le placement et l’utilisation intelligente des techniques spéciales. Chaque action possède une importance particulière et les matchs peuvent basculer en quelques secondes. Le nouveau système d’enchaînements apporte notamment beaucoup de dynamisme. Plus on enchaîne dribbles, mouvements spéciaux et actions offensives, plus la puissance monte. Cela crée des retournements de situation dignes des plus grands épisodes d’Olive et Tom, c’est-à-dire avec environ autant de réalisme qu’une poursuite dans Fast & Furious.

Au niveau des affrontements offensifs, les duels avec les gardiens restent parmi les moments les plus excitants du jeu. Choisir la trajectoire de son tir pendant que le gardien tente de deviner l’issue donne presque l’impression de participer à un jeu de combat déguisé en match de football. La gestion des jauges, de l’endurance et des Super Moves ajoute une couche tactique bienvenue. Chaque technique possède ses avantages, ses contraintes et son coût. Derrière les explosions visuelles et les tirs qui semblent capables d’envoyer le ballon en orbite, il existe un vrai travail de lecture du match. C’est précisément cette combinaison entre arcade spectaculaire et réflexion qui donne au titre sa personnalité.
Concernant les graphismes, le bilan est plus contrasté. Les animations des coups spéciaux sont absolument spectaculaires et retranscrivent à merveille l’exagération légendaire de la série. Certains tirs donnent vraiment l’impression qu’un dragon cosmique vient de traverser le terrain. En revanche, le rendu global manque parfois de finesse. L’image souffre occasionnellement d’un manque de netteté, de quelques effets d’aliasing et même de scintillements en arrière-plan. Rien de catastrophique, loin de là, mais on reste parfois à un petit pas de la prestation qu’on pouvait espérer sur Xbox Series X. Heureusement, la fluidité générale compense largement ces défauts techniques.

Pour la bande-son, le résultat accompagne efficacement l’action sans nécessairement marquer l’histoire du jeu vidéo. Les voix japonaises renforcent l’immersion et les musiques soutiennent correctement les moments forts des rencontres. L’ensemble remplit parfaitement son rôle : maintenir la tension pendant les matchs et accentuer le côté héroïque de certaines confrontations. Ce n’est peut-être pas la bande originale que l’on écoutera en boucle sur Spotify pendant des mois, mais elle participe efficacement à l’ambiance générale. Et lorsque les super techniques commencent à s’enchaîner à l’écran, on est de toute façon bien trop occupé à admirer le spectacle pour analyser chaque note.
Pour la durée de vie, le contenu impressionne immédiatement. Avec vingt-deux équipes nationales, plus de cent dix personnages jouables, une centaine de techniques et de nombreux scénarios annexes à débloquer, les fans auront largement de quoi s’occuper. La création de personnage ajoute également un objectif de progression très agréable. Construire son propre joueur ou gardien, débloquer de nouvelles capacités et l’intégrer dans différentes équipes fonctionne étonnamment bien. Le mode Versus profite pleinement de cette personnalisation et les affrontements entre amis peuvent rapidement devenir plus compétitifs qu’une discussion sur le meilleur opening d’animé des années 90.

Au final, Captain Tsubasa 2: World Fighters parvient à faire progresser la formule sans la révolutionner. L’arrivée sur Xbox constitue déjà une excellente nouvelle pour de nombreux joueurs, tandis que les nouveaux systèmes de personnalisation et d’enchaînement apportent suffisamment de fraîcheur pour rendre l’expérience plus agréable que celle de son prédécesseur. Malgré quelques imperfections techniques et un rythme narratif parfois bavard, le plaisir est bien présent. On ressort de chaque match avec le sourire, l’envie de tenter un nouveau tir impossible et la certitude qu’aucun ballon dans l’histoire du football n’a autant souffert que dans l’univers de Captain Tsubasa.
