Sous la brume londonienne, entre un pub louche, un théâtre où l’on meurt en pleine répétition et Big Ben qui décide soudainement de faire une pause syndicale, Case Solved: The London Files nous invite à enfiler le trench du détective de service. Sur le papier, tout respire le polar cosy à l’ancienne, quelque part entre Sherlock Holmes et un épisode de Columbo regardé un dimanche pluvieux. En pratique, l’aventure repose surtout sur une série d’énigmes logiques façon Énigme d’Einstein, avec des suspects, des indices et beaucoup de tableaux à remplir. De quoi réveiller les petites cellules grises… ou les endormir selon votre niveau d’exigence.

Concernant les graphismes, le jeu fait honnêtement bonne impression. Les décors retranscrivent efficacement cette ambiance noir des années 60, avec des ruelles peu rassurantes, des loges de théâtre vieillissantes et des pubs enfumés qui semblent sortir d’une BD policière. Ce n’est pas le prochain Alan Wake 2, évidemment, mais l’identité visuelle a du charme. Le problème, c’est qu’il arrive parfois de chercher un indice minuscule caché dans un coin sombre comme si Waldo avait décidé de rejoindre Scotland Yard. On passe alors plus de temps à cliquer partout qu’à réellement enquêter.

Au niveau du gameplay, la formule est particulièrement simple : discuter avec les suspects, récupérer leurs déclarations, fouiller les lieux puis résoudre une grille logique. Le système de déduction fonctionne et procure même un petit plaisir lorsque toutes les pièces du puzzle s’emboîtent parfaitement. Malheureusement, les enquêtes manquent souvent de relief et les personnages ont à peu près autant de personnalité qu’un lampadaire londonien sous la pluie. Les révélations tombent sans véritable mise en scène et certains indices sont tellement évidents qu’on a parfois l’impression de résoudre un exercice de cahier de vacances. Plus frustrant encore, quelques indices paraissent mal formulés ou contradictoires, obligeant parfois à deviner plutôt qu’à déduire, ce qui est un peu gênant pour un jeu construit autour de la logique.

Pour la bande-son, l’expérience reste assez discrète. Les dialogues ne sont pas doublés intégralement et les personnages se contentent souvent de marmonner un charabia générique pendant l’affichage des textes. Ce n’est ni catastrophique ni mémorable : disons que cela accompagne l’action sans jamais la sublimer. Comme un figurant dans un film policier qui traverse l’écran avec un café avant de disparaître définitivement.

Concernant la durée de vie, les trois enquêtes principales se terminent en moins de deux heures, même en prenant le temps de chercher les objets les mieux cachés ou de relire certains indices confus. Des affaires secrètes sont bien présentes pour prolonger le plaisir, mais leur accès via des codes disséminés un peu partout paraît inutilement compliqué. Pire encore, certaines semblent victimes de bugs empêchant carrément leur résolution. Quand le contenu bonus refuse de fonctionner, c’est un peu comme débloquer un coffre légendaire pour découvrir qu’il est verrouillé de l’intérieur.
Pour conclure, Case Solved: The London Files possède l’apparence d’un sympathique jeu de détective mais peine à transformer l’essai une fois l’enquête commencée. Son système de déduction reste accessible et parfois satisfaisant, toutefois les histoires peu captivantes, les indices maladroits, la faible durée de vie et les problèmes techniques finissent par ternir l’expérience. Au final, c’est un peu comme commander un fish and chips dans un pub londonien pour recevoir seulement les frites : il y a bien quelques éléments appréciables, mais difficile de ne pas repartir avec une légère sensation d’arnaque.
