Déjà tombé dans cette saloperie qu’est Vampire Survivor, je voyais les previews de CloverPit tomber et cela m’attirait. J’ai toujours eu une fascination malsaine pour les machines à sous, les bandits manchots… Un peu comme les bornes d’arcade : ce déluge de lumières et de bruits assourdissants ! Mais ayant les pieds sur terre, et sachant que les jeux de casino font surtout gagner de l’argent au casino plutôt qu’à la mamie avec son pot de pièces, je ne suis jamais tombé dans le trou béant de l’addiction.

Mais voilà : à l’heure où j’écris ces lignes, le jeu est disponible dans le Game Pass ! L’occasion faisant le larron, il est impossible de passer à côté de ce phénomène… et d’emmerder mon rédacteur en chef préféré, qui va encore m’imaginer en train de jouer à ce jeu d’une main pendant que je regarde des vidéos pour adultes. Il a de drôles de fantasmes, car jamais je ne regarde ce type de contenu, surtout pas une manette à la main. Je reste professionnel et immaculé comme l’enfant qui vient de naître.

Le pitch est simple. Pensez à Saw ! Vous êtes enfermé dans une pièce exiguë et un être machiavélique vous oblige à jouer à la machine à sous afin de rembourser une dette et ainsi obtenir une clé qui vous permettra de sortir de votre prison. Autour de vous : une machine à sous, une boutique, une machine à tickets pour acheter dans ladite boutique, un téléphone, un WC, un ATM qui avalera vos gains pour rembourser votre créancier… et c’est tout. Claustrophobes, s’abstenir.

Vous mettez vos premières pièces dans cette machine du diable et ça tourne, ça tourne… Le côté hypnotique fait son œuvre. Diamants, bananes, cerises, trésors… Les dispositions en ligne ou en triangle vous permettent d’accumuler des pièces. Vos gains montent, vous avez déjà mis le doigt dans l’engrenage : vous êtes foutu !

Vous regardez la boutique. Vous le voyez, ce petit customisateur de chance, ce porte-bonheur qui va vous aider à éponger votre dette. Ça marche, alléluia Jésus, votre première échéance est remboursée. Et là, une nouvelle échéance apparaît. Le téléphone sonne : c’est votre bourreau, qui vous propose un choix cornélien pour tenter d’atteindre votre prochain objectif. Tout est anxiogène. La boutique s’est également renouvelée. De nouveaux gadgets sont disponibles pour faire un doigt d’honneur à la chance. Vous tentez d’obtenir, de toucher du doigt, votre prochaine échéance.

Les trois séries de machines à sous sont de nouveau un calvaire. À chaque fois, le choix : faire tourner sept fois le bandit et gagner un ticket, ou trois fois et gagner deux tickets… On pèse chaque décision. Évidemment, cette fois-ci, vous n’atteignez pas votre objectif. Le sol se dérobe sous vos pieds et c’est la mort qui vous attend.

Jusqu’à la prochaine run. Le côté rogue est présent et transpire de partout. Cet essai sera le bon, vous allez le niquer ce tortionnaire. Vous voilà de nouveau obnubilé, captivé par ces symboles qui tournent. Vous n’atteignez même pas le premier objectif. Le sol se dérobe et l’enfer vous ouvre encore ses portes. Hop, une run se réenclenche : vous avez accès à une multitude de porte-bonheur. La liberté est au bout du tunnel ! Vous êtes ADDICT, drogué par ce jeu du démon… Vous voulez sortir ! Le jeu va s’étoffer de multiples manières, comme s’il tentait à chaque fois de vous faire rester dans cette pièce exiguë, malaisante, comme un plaisir masochiste.

Je n’en dirai pas plus afin de vous préserver. Mais sachez que ce jeu mérite toutes les louanges que la presse lui confère. Techniquement et visuellement, comme dirait un ancien rédacteur, cela ne fait pas transpirer les 12 teraflops de la Series X, mais ce n’est pas le but recherché. Le jeu, même s’il ne dure qu’une trentaine d’heures, va vous tenir captif comme notre héros dans sa geôle. Pas de musique, juste le bruit de cette machine à sous entêtante, cyclique, comme le ronronnement d’un train.
Si vous accrochez, vous serez mordu. Vous ne penserez qu’à une chose : le jackpot.

Un excellent jeu, au même titre qu’un Vampire Survivor ou un Balatro, qui prouve qu’en 2025–2026, un concept simple peut captiver des joueurs. Que ce n’est pas l’ampleur du budget qui fait un bon jeu ou non. C’est pour ça que chez XboxOrNot, on se bat. Du plus petit jeu indé au gros AAA qui tache, chaque jeu est capable de nous sortir de notre torpeur. C’est pour cela qu’on a fait 1000 tests en 2025… et pas seulement d’une main.