Dans Ebola Village, on se retrouve propulsé dans un village russe où l’ambiance est plus glauque qu’un épisode de Black Mirror mixé avec Koh-Lanta. Maria, notre héroïne, quitte son canapé et sa série préférée pour aller dire bonjour à maman et à l’ex-mari. Spoiler : mauvaise idée. Entre les zombies qui ont l’air d’avoir raté leur casting pour The Walking Dead et une menace biologique qui ferait passer Umbrella Corporation pour une start-up sympa, le décor est planté. Si vous aimez les villages où la fibre n’existe pas et où les habitants veulent vous arracher la tête, vous êtes au bon endroit.

Au niveau des graphismes, on sent que le budget a été dépensé dans… autre chose. Les textures se chargent sous nos yeux comme si le jeu avait besoin d’un café avant de démarrer. Quand un zombie débarque en cinématique, son visage apparaît petit à petit, façon puzzle. C’est gore, ça explose, ça saigne, mais avec des animations rigides qui rappellent les mannequins d’un magasin de sport. Bref, si vous pensiez que Resident Evil 4 avait vieilli, Ebola Village lui envoie un fax pour dire « tiens ma bière ».

Concernant le gameplay, on est dans du copier-coller assumé de Resident Evil : inventaire limité, plantes pour se soigner, clés à trouver, zones fermées, aller-retour incessants. L’IA ? Plus bête qu’un PNJ dans Skyrim qui vous répète « I used to be an adventurer like you… ». Les ennemis foncent sur vous sans réfléchir, comme si leur cerveau avait été remplacé par un script « courir vers le joueur ». Trois niveaux de difficulté sont proposés, mais la différence se résume à votre barre de vie et le nombre de munitions. Autant dire que le mode facile, c’est le fast-pass Disneyland.

Pour la bande-son, c’est correct sans être mémorable. Les doublages russes manquent de conviction, on dirait que les acteurs ont enregistré entre deux épisodes de leur série préférée. Pas de thème qui reste en tête, pas de frisson sonore, juste une ambiance qui fait le job. On est loin des musiques iconiques qui vous hantent la nuit, ici c’est plus « bruit de fond pour zombies en colère ».

Concernant la durée de vie, Ebola Village se termine assez vite. Comptez 3 à 4 heures pour boucler l’aventure, voire 2 heures si vous rushez en mode facile. Autant dire que c’est le genre de jeu qu’on finit avant que la pizza ne refroidisse. Pas de contenu annexe, pas de surprises, juste une ligne droite vers la fin.

En conclusion, Ebola Village, c’est la contrefaçon russe de Resident Evil 4 : ça reprend les codes, ça tente de faire peur, mais ça finit en nanar sympathique. Si vous aimez les jeux qui sentent la nostalgie et le bricolage, vous aurez peut-être un sourire ironique. Sinon, passez votre chemin et relancez un vrai survival horror, histoire de ne pas confondre frisson et fou rire.