Test de Esophaguys – Un jeu qui a le cou long !

Esophaguys est l’un de ces OVNIs vidéoludiques qui débarquent sans prévenir, un peu comme si un studio s’était dit : « Et si on faisait un jeu où des vieillards au cou extensible se balancent dans les arbres en se mordant ? » Et là, contre toute attente, ça marche… enfin presque. Jusqu’à quatre joueurs peuvent s’emmêler les cervicales dans plusieurs modes : une coop où on résout des énigmes en se tirant par les dents, des mini-jeux compétitifs façon “qui aura la plus grosse gorge”, un mode histoire mystérieux et même un mode masochiste où il n’y a ni sol, ni checkpoints, juste du cou et de la douleur. Un jeu sponsorisé par notre Théo national !

Manette en main, on découvre vite que l’idée est franchement marrante. Les persos sont mignons, colorés, et s’agripper aux branches pour se balancer a quelque chose de très satisfaisant, surtout quand on utilise ses dents comme grappin humain. En multi, c’est l’anarchie pure : on peut s’aider pour franchir un passage… ou décider de se choper les uns les autres par le postérieur, en chaîne, façon Human Centipede mais version “tout public” (et beaucoup moins traumatisante).

Le problème, c’est que dès qu’on sort d’un niveau clair et délimité, le fun prend un coup dans les cervicales. Le hub central est tellement minimaliste qu’il en devient incompréhensible. La narration purement visuelle pourrait être élégante si elle était bien amenée… mais ici, on passe surtout son temps à errer, à se demander ce qu’on doit faire, et à tenter de comprendre pourquoi il faut sonner sur des notes pour débloquer un stage. Cette opacité gâche un peu l’entrain des premières parties.

Graphiquement, pas grand-chose à reprocher : c’est coloré, plein de personnalité et ça donne envie de bidouiller avec les mécaniques. La direction artistique a ce petit côté artisanal qui colle bien au délire. Mention spéciale aussi à la bande-son : bruitages intégralement faits à la bouche, guimbarde ancestrale et grognements de vieux, le tout avec plus de 4000 effets sonores enregistrés. C’est complètement absurde et, bizarrement, ça fonctionne.

Le gameplay, lui, est étonnamment précis pour un concept pareil. On prend vite le pli, et comme sur Worms avec la corde ninja, on peut passer un temps fou à maîtriser l’art du balancement et des enchaînements. Même quand on galère sur un passage, l’envie de retenter est là.

En revanche, la technique n’est pas irréprochable : collisions parfois farfelues (mais vu le concept, difficile de se plaindre), et surtout quelques bugs de progression qui forcent à relancer le jeu. Rien de dramatique, mais ça brise un peu le rythme, surtout quand on était bien lancé en multi.

En bref, Esophaguys est un jeu rigolo à plusieurs, mais il faudra accepter des bugs et une progression pas toujours compréhensible. Mais c’est rigolo.