Les rail shooters spatiaux sont devenus une denrée rare, presque oubliée, depuis que Nintendo a mis sa série Star Fox un peu au placard (mais a priori plus pour très longtemps). Un genre autrefois emblématique, aujourd’hui cantonné à quelques hommages indépendants destinés aux nostalgiques. Fur Squadron Phoenix s’inscrit clairement dans cette mouvance : ressusciter une formule arcade simple, directe et spectaculaire, pensée pour le plaisir immédiat plutôt que pour la profondeur narrative ou la durée de vie.

Visuellement, le jeu adopte une direction artistique colorée et très lisible, oscillant entre science‑fiction lumineuse et univers animalier assumé. Les environnements virtuels traversés durant les missions varient suffisamment pour éviter la monotonie, avec des décors aériens, marins et spatiaux qui s’enchaînent à bon rythme. Les modèles des vaisseaux et des ennemis sont propres, les effets de particules nombreux sans être envahissants, et l’action reste fluide même lors des affrontements les plus chargés. L’ensemble est accompagné par une bande‑son énergique, efficace sans être mémorable, qui fait le travail sans chercher à voler la vedette au gameplay.

La prise en main est immédiate et volontairement old‑school. On se déplace sur des rails, on esquive, on enchaîne tirs rapides, tirs chargés et missiles à verrouillage multiple. Les sensations sont bonnes, le vaisseau répond parfaitement et le jeu encourage l’agressivité autant que la précision. Un système d’amélioration permet de renforcer ses capacités entre les missions, apportant un léger parfum de progression roguelite sans jamais complexifier inutilement la formule. Les boss, nombreux et imposants, demandent observation et mémorisation des patterns, renforçant ce sentiment d’arcade pure qui définit l’expérience.

Mais c’est précisément là que Fur Squadron Phoenix révèle sa véritable nature. Plus qu’un simple hommage, le jeu est un clone quasi revendiqué de Star Fox Zero sur Wii U. Même structure des missions, mêmes mécaniques, mêmes sensations, même rythme, jusqu’à donner parfois l’impression de jouer à une version non officielle d’un Star Fox moderne débarrassé de ses expérimentations de gameplay (jusque dans le nom des succès …). Là où certains verront un respect total de la formule originale, d’autres pointeront un manque cruel de prise de risque. Le jeu ne cherche jamais à s’émanciper de son modèle, se contentant de le reproduire avec application.

Fur Squadron Phoenix n’essaie pas de réinventer le rail shooter : il remplace simplement Nintendo là où Nintendo a déserté. Un clone maîtrisé, assumé, presque nécessaire pour les fans orphelins de Star Fox, mais qui peine à exister par lui‑même au‑delà de cette comparaison permanente
Configuration de test PC: Core Ultra 9 285K / 64 Go de RAM / RTX 5070 Ti