Test de Ghost Of Yōtei – Qu’il est bon de ressortir le katana

Après le succès de Ghost of Tsushima, Sucker Punch revient avec Ghost of Yōtei, une nouvelle aventure solo exclusive à la PlayStation 5. Le studio reprend les bases de son précédent hit, tout en proposant une nouvelle héroïne, de nouveaux environnements et un système de combat revisité. Faut-il y voir une simple variation ou une véritable évolution ?

Ghost of Yōtei nous transporte dans le Japon rural du XVIIe siècle. On y incarne Atsu, mercenaire solitaire accompagnée de sa louve, animée par un unique objectif : venger la mort de sa famille, massacrée seize ans plus tôt par les redoutables six de Saito.
L’histoire, si elle reste classique, s’appuie sur une mise en scène efficace et des personnages secondaires marquants, comme Ginji l’armurier ou plusieurs senseï qui guident Atsu dans sa quête. Le récit, porté par une ambiance cinématographique, conserve ce souffle épique propre à Sucker Punch.

C’est l’heure du duel

Si Ghost of Yōtei reprend beaucoup des mécaniques de Tsushima, il introduit une nouveauté majeure : le choix des armes. Là où Jin Sakai changeait de posture pour contrer ses ennemis, Atsu doit adapter directement son arsenal.

  • Katana pour les combats standards
  • Double katana contre les lanciers
  • Odachi pour les adversaires lourds
  • Yari face aux kusarigama
  • Kusarigama pour briser les boucliers

À cela s’ajoutent des armes de jet (shuriken, bombes incendiaires) et la possibilité de ramasser les armes des ennemis pour les transformer en projectiles redoutables. Les affrontements sont dynamiques, stratégiques et exigeants, notamment lors des duels de boss, toujours introduits par une mise en scène soignée.

Chaque arme possède une attaque spéciale déblocable via des quêtes secondaires. La gestion des ressources, notamment de l’esprit nécessaire à ces techniques, ajoute une dimension tactique bienvenue.

La personnalisation de l’équipement apporte également une profondeur supplémentaire. Nous aurons accès à divers casques et masques purement cosmétiques, sans impact sur les statistiques. En revanche, le choix de l’armure influence directement le gameplay : certaines pièces modifient radicalement la manière d’aborder les combats. Exemple marquant, l’Armure de l’Immortel permet de regagner de la santé en déstabilisant un ennemi, offrant ainsi un style de jeu plus agressif et risqué.

Et si j’ai bien un conseil à vous donner, privilégiez au début les quêtes de chasseur de prime, elles rapportent beaucoup d’argent pour bien démarrer l’aventure et offrent en prime une armure très sympathique, idéale pour poser des bases solides dans votre progression.

Le panorama est juste magnifique

La carte de Ghost of Yōtei est plutôt vaste et bien pensée. Vous débuterez dans la zone principale, composée des prairies de Yōtei et du mont Tokachi, qui servent de terrain d’apprentissage. Très rapidement, vous pourrez étendre votre exploration vers deux nouvelles régions : les plaines d’Ishikari et la crête de Teshio, chacune offrant leurs propres décors, quêtes et défis. Enfin, la seconde partie de l’aventure vous donnera accès à la dernière grande zone : la côte d’Oshima, une région plus exigeante qui vient compléter cette carte généreuse et variée.

Le Japon d’Ezo est vaste, riche en quêtes annexes et en activités qui prolongent considérablement la durée de vie. Sources chaudes, bambous, missions des senseï : les amateurs de Tsushima retrouveront des marqueurs familiers.
La progression est généreuse : il est possible de passer plus d’une quinzaine d’heures en quêtes secondaires avant même de s’attaquer sérieusement à l’histoire principale.

Le katana forgé par son père

Graphiquement, Ghost of Yōtei impressionne par ses panoramas et son rendu global. Les paysages enneigés, les villages abandonnés ou les temples en ruine offrent de véritables cartes postales interactives. Toutefois, quelques faiblesses subsistent : une neige peu convaincante, des expressions faciales limitées et des PNJ parfois figés.
Sur PS5 Slim, l’expérience reste fluide et stable. Sur PS5 Pro, quelques bugs anecdotiques sont à noter (collisions étranges, chevaux perchés), sans nuire à l’ensemble.

La DualSense est une fois encore utilisée de façon exemplaire : retours haptiques précis, gâchettes adaptatives qui se durcissent à l’arc ou au grappin, pavé tactile exploité intelligemment pour écrire ou dessiner.

Des panoramas à couper le souffle

L’aspect sonore est un point fort du titre. Musiques traditionnelles japonaises, compositions épiques et mélodies jouées au shamisen renforcent une immersion totale. Les doublages sont soignés, qu’il s’agisse de la VF, des voix anglaises ou japonaises, et le mode Kurosawa en noir et blanc reste un bel hommage cinéphile.

Les vilains à poutrer

Au final, Ghost of Yōtei est une suite spirituelle qui assume son héritage. Oui, il ressemble beaucoup à Ghost of Tsushima, mais son héroïne, son système de combat renouvelé et sa mise en scène en font une expérience marquante. Malgré quelques limites techniques, il s’impose comme une exclusivité incontournable de la PS5, alliant paysages à couper le souffle, ambiance sonore magistrale et combats intenses.