Test de Goodnight Universe – Dur, dur d’être un bébé

Goodnight Universe est un jeu narratif développé où on incarne Isaac, un bébé de six mois qui découvre le monde, sa famille et, accessoirement, des pouvoirs psychiques dont il se serait bien passé pour une première année tranquille. Tout commence comme une chronique familiale vue à hauteur de berceau, avant de glisser progressivement vers une intrigue de science-fiction impliquant une mystérieuse corporation technologique un peu trop intéressée par ce nourrisson pas comme les autres.

Communiquer avec sa sœur

Difficile de ne pas parler de très bonne surprise. Je suis arrivé dans Goodnight Universe sans rien connaitre de son histoire, et j’en suis ressorti complètement embarqué. Le jeu réussit un équilibre délicat entre humour et émotion, sans jamais forcer le trait. Le regard du bébé narrateur fonctionne étonnamment bien et permet de redécouvrir des situations banales avec une vraie fraîcheur.

Je ne veux pas trop spoiler mais on ne va que jouer avec des petites voitures

Isaac est immédiatement attachant. Mignon sans tomber dans le gnangnan, maladroit comme seul un bébé peut l’être, il observe sa famille, ses parents, son environnement, et on se surprend très vite à voir le monde à travers ses yeux. Cette naïveté rend certains moments drôles, d’autres franchement touchants, et crée une vraie connexion avec le joueur. Puis, doucement, le jeu change d’échelle. Ce qui ressemblait à une tranche de vie intimiste prend une tournure plus ample, presque inattendue. Je ne veux pas trop en dévoiler dans mon test, je vous laisse la surprise même si les images montrent qu’on ne va pas rester dans une chambre d’enfant tout le temps. La dimension science-fiction arrive progressivement, sans casser le rythme, et apporte une tension narrative bienvenue. Le final est particulièrement réussi, émouvant sans être lourd, et laisse une vraie trace une fois l’écran de fin affiché.

Ranger sa chambre avec classe

La durée de vie tourne autour de 3h30 à 4 heures, ce qui est parfait pour ce type d’expérience. Le jeu propose deux fins différentes selon un choix crucial, ce qui peut ajouter quelques séquences supplémentaires et donner envie de relancer le chapitre en question pour voir l’autre facette de l’histoire. Rien d’artificiel ici, chaque minute est bien utilisée. Visuellement, le cel shading s’accorde parfaitement à l’univers du jeu. C’est coloré, doux et très cohérent avec cet environnement enfantin. Les personnages sont bien caractérisés et immédiatement reconnaissables. Ce n’est pas une claque technique, mais c’est joli, lisible et agréable du début à la fin.

Petit déj en famille

La bande-son fait le travail avec efficacité, autant du côté des musiques que des bruitages. Mais le vrai point fort reste le doublage anglais, d’une grande qualité et très juste dans ses intonations. La traduction française est également excellente, ce qui est suffisamment rare pour être souligné dans un jeu aussi bavard. Côté gameplay, Goodnight Universe assume pleinement son statut de pur jeu narratif. On trouve quelques séquences interactives, des QTE, de légers déplacements et des boutons à activer, mais l’essentiel repose sur la narration, les textes et quelques choix de « dialogue » adaptés à notre condition de bébé. On se laisse guider, et honnêtement, c’est exactement ce qu’on lui demande.

Viens voir Brigitte !

Au final, Goodnight Universe est un très bon titre narratif et une excellente surprise. Peut-être que le fait d’être parent m’a particulièrement touché, mais j’ai trouvé l’ensemble bien écrit, rythmé et prenant à suivre. Un coup de cœur pour ce début d’année.