Test de Habitat Shapes – Le zoo qui va vous faire ranger

Habitat Shapes vous propose de jouer les architectes du zoo et du safari en organisant l’espace pour trois familles d’animaux : mammifères, oiseaux et reptiles. Le concept est simple : chaque famille doit rester à sa place et ne pas se toucher, sous peine de déclencher un nuage de bagarre qui renvoie la dernière pièce sur le convoyeur. Avec 30 niveaux, allant de l’Urban Zoo très carré au Safari Sanctuary plus organique, le jeu mise sur des puzzles courts, accessibles et réversibles. On choisit, on fait pivoter, on place, on teste, on annule, on recommence, et on essaie de créer un habitat parfait, le tout sans pression temporelle, pour une expérience sensée être relaxante.

Il y a Théo

En pratique, dès le départ, Habitat Shapes fait un peu l’effet d’une ardoise sur laquelle on a déjà gribouillé : c’est moche. La direction artistique manque de charme et les couleurs sont fades. On est loin de se sentir dans un zoo digne de ce nom et encore moins dans un safari exotique. Même les animaux semblent déprimés de devoir se contenter de leur carré de grille.

La musique, elle, évoque davantage une salle d’attente des impôts qu’un moment de détente. Des boucles minimalistes et monotones qui, après quelques minutes, deviennent un petit supplice auditif. Et les bruitages ne font rien pour améliorer le tableau : chaque clic ou placement maladroit est accompagné d’un petit son agaçant qui finit par taper sur les nerfs.

Du fun à l’état pur (non)

Le gameplay n’est pas plus glorieux. L’idée de faire pivoter et placer les pièces pour séparer les familles pourrait être amusante sur papier, mais en pratique, le système de clic et rotation est laborieux. On se retrouve souvent à répéter des manipulations, à subir le fameux « nuage de bagarre » et à perdre du temps dans des ajustements qui auraient pu être simples. L’expérimentation intelligente promise se transforme vite en microgestion frustrante.

Les niveaux eux-mêmes sont trop courts pour captiver et trop semblables pour surprendre. On passe de l’Urban Zoo au Safari Sanctuary avec un léger changement de décor, mais le rythme reste monotone. L’aspect relaxant du puzzle est gâché par l’interface peu intuitive et l’impression de toujours subir le jeu plus que d’en profiter.

Le bordel

Même les amateurs de jeux de gestion ou de puzzle qui aiment organiser l’espace auront du mal à trouver du plaisir ici. Le potentiel humoristique du « nuage de bagarre » est trop rare pour sauver l’expérience. Les rares moments amusants sont noyés dans une répétitivité frustrante et un gameplay maladroit.

En résumé, Habitat Shapes est exactement dans la lignée des productions d’Afil Games : comme Fit and Fry et ses nombreux épisodes, c’est mauvais. Un concept qui avait du potentiel, mais qui se transforme en expérience laborieuse et visuellement déprimante.