Hellstuck: Rage With Your Friends, c’est un peu comme si Dante avait écrit La Divine Comédie mais en version pixel art et avec un seul mot d’ordre : souffrir. Le principe est aussi simple que sadique : coincé dans les bas-fonds de l’enfer, votre petit personnage ne sait pas faire grand-chose à part se déplacer (gauche/droite) et sauter. Et ce fameux saut, c’est toute l’âme du jeu… ou plutôt la corde sensible qui va vous faire hurler au bout de deux minutes.

Le gameplay repose sur un unique bouton, le A, qui gère puissance. Bon il faut aussi gérer la direction du saut. Et tout, à l’aveugle, bien sûr. Pas de jauge, pas d’indicateur, rien : on charge, on prie, et on s’envole… ou plutôt on retombe lamentablement trois étages plus bas. Un petit clin d’œil aux adeptes de Getting Over It ou Jump King, mais en plus rustique. Patience, self-control et absence totale d’attachement à sa manette sont donc requis.

Côté maniabilité, on repassera. Le jeu impose le croix directionnelle pour bouger, le stick analogique ne sert strictement à rien. On se retrouve donc avec une prise en main volontairement rigide, comme pour mieux amplifier le côté “punitif”. C’est assumé, mais ça en devient vite crispant.
Graphiquement, on ne peut pas crier au génie, mais le pixel art fait le job. Les décors d’enfer sont assez corrects, avec quelques détails qui rappellent bien l’ambiance “vous n’êtes pas censés être heureux ici”. Les petites animations de fond ajoutent un peu de cachet, mais ça reste très sobre.

Côté son, la musique tourne en boucle sans jamais varier. Elle accompagne l’action sans être insupportable, mais après trente minutes de chute libre répétée, on a vite l’impression d’écouter un disque rayé au milieu d’une messe satanique. Les bruitages sont minimalistes mais font le taf.
Le jeu se vante de ses neuf cercles infernaux et de son mode Hardcore qui réinitialise tout au moindre échec. Une idée brillante si vous aimez revivre votre propre enfer personnel en boucle. Pour les autres, ça se traduit surtout par une envie pressante d’éteindre la console et d’aller courir dans un champ pour respirer un peu d’air pur.

Un mot sur le multijoueur local à deux : oui, on peut partager sa souffrance avec un ami. Mais soyons honnêtes, ça ne rend pas le jeu plus fun. Ça multiplie simplement les cris, les insultes et les fous rires nerveux. En gros, c’est une machine à briser des amitiés, mais au moins c’est dans l’esprit du titre.
Hellstuck: Rage With Your Friends est encore un jeu de plus où l’on s’arrache les cheveux pour monter dans les niveaux. C’est frustrant, trop frustrant, et je n’y ai trouvé aucun fun. Le mode deux joueurs ne change rien à la donne, si ce n’est que ça permet de rager ensemble. Et après tout, c’est bien marqué dans le titre.
