Test de Inhuman Resources: A Literary Machination – Le roman en 85 pouces

Plongez dans un monde où votre pire cauchemar n’est pas un monstre lovecraftien mais… un open space dystopique. Inhuman Resources: A Literary Machination vous embarque dans les coulisses de SMYRNACORP, une corporation aussi rassurante qu’un épisode de Black Mirror un dimanche soir. Entre illusions, manipulation et vérités alternatives, le jeu vous transforme en cobaye volontaire d’une expérience narrative étrange, où chaque choix peut vous rapprocher de la sortie… ou de votre prochaine crise existentielle.

Le jeu est en français, ne vous inquiétez pas

Au niveau des graphismes, on est sur quelque chose de très sobre, presque austère. Traduisez : ce n’est clairement pas le jeu que vous allez lancer pour frimer devant un ami équipé d’un OLED flambant neuf. L’interface fait le job sans éclat, et l’ensemble donne surtout l’impression de feuilleter un livre numérique un peu trop sérieux. Cela colle au ton, certes, mais on aurait aimé un peu plus de folie visuelle, une touche de créativité qui claque. Là, c’est plutôt ambiance dossier RH mal rangé que trip psychédélique.

Blablabla

Concernant le gameplay, difficile de ne pas penser aux livres dont vous êtes le héros… sauf qu’ici, la manette remplace vos doigts et la télé votre imagination. Et ça coince un peu. Le jeu repose énormément sur la lecture et les choix, avec des kilomètres de texte à absorber. Sur le papier, c’est noble. Dans le canapé, beaucoup moins. Cliquer pour lire, lire pour cliquer, répéter : c’est chiant. Cela dit, certains puzzles relèvent le niveau, notamment celui qui vous demande d’analyser des bandes vidéo en noir et blanc avec des instructions volontairement obscures. Un moment vraiment malin, qui sort du lot… contrairement aux autres énigmes, plus oubliables qu’un mot de passe Wi-Fi en vacances.

Pour la bande-son, le jeu joue la carte de la discrétion, presque trop. L’ambiance sonore accompagne sans marquer, un peu comme ce collègue qui dit toujours bonjour mais dont vous oubliez systématiquement le prénom. Pas de thème mémorable à siffloter sous la douche, mais une ambiance qui soutient correctement le récit. Rien de catastrophique, rien de transcendant : le service minimum, avec une politesse irréprochable.

Concernant la durée de vie, le titre mise sur la rejouabilité avec ses multiples embranchements et ses nombreuses fins. Sur le long terme, cela peut séduire les amateurs de narration interactive prêts à replonger dans cet univers pour découvrir tous ses secrets. Encore faut-il être prêt à encaisser des sessions de lecture assez longues, parfois trop lentes pour un jeu vidéo. Heureusement, l’écriture est de qualité, avec quelques petites fautes qui traînent, mais rien de dramatique. Le scénario reste accrocheur, et les mécaniques RPG apportent un vrai plus : améliorer les caractéristiques de son personnage débloque des options intéressantes, donnant un sentiment de progression appréciable. Bref, il faut compter 6 heures de jeu pour un run, mais cela dépend de votre vitesse de lecture.

Tu es beau toi !

Au final, Inhuman Resources: A Literary Machination est une expérience singulière, à mi-chemin entre roman interactif et jeu vidéo expérimental. Le problème, c’est qu’il ressemble souvent plus au premier qu’au second. Si vous aimez lire pendant des heures sur votre télé avec une manette en main, vous allez peut-être adorer. Sinon, autant ouvrir un bon vieux livre… au moins, lui ne vous demandera pas d’appuyer sur A toutes les deux phrases. Personnellement, je n’ai pas aimé l’expérience, mais je reste ouvert d’esprit.