Instruments of Destruction vous met aux commandes d’engins qui feraient passer un chantier de BTP pour une réunion tricot. Vous rejoignez Sharpe Industries pour aller raser des avant-postes perdus un peu partout dans le monde, armé de bulldozers volants, de chars à roquettes quadruples et même d’ornithoptères avec grappin. Deux campagnes, un mode défi, un mode bac à sable et un éditeur de véhicules sont là pour transformer chaque carte en puzzle destructible basé sur une physique assez généreuse. Vous pouvez démonter un bâtiment pièce par pièce ou créer la réaction en chaîne que Michael Bay verrait comme un appel à l’ordre public. C’est un vrai terrain de jeu où vous défoncez, expérimentez, débloquez de nouveaux engins et même apprenez à construire les vôtres.

Dès les premières minutes, Instruments of Destruction coche la case du plaisir coupable. On lance un véhicule, on pousse le joystick, on s’écrase dans le décor et ça explose comme si le monde entier avait signé une pétition pour se laisser détruire. C’est simple, c’est immédiat et franchement, c’est drôle. On ne vous demande pas d’être subtil, juste d’appuyer au mauvais endroit avec le bon outil.

La variété des véhicules aide clairement à garder le sourire. Chaque engin a sa spécialité: certains poussent, d’autres balancent, d’autres découpent, écrasent, volent ou font à peu près tout ça en même temps. Le gameplay a ce côté boîte à jouets mécaniques où on teste, on éclate un mur, et on réfléchit ensuite. Le jeu assume totalement son côté bourrin, et il le fait plutôt bien.

Graphiquement, ce n’est pas incroyable. Pas moche, pas honteux, juste fonctionnel. Par contre, la destruction des décors est très réussie: ça se casse, ça s’effrite, ça s’écroule avec une crédibilité qui donne envie de remettre un petit coup pour voir si tout tient encore debout. Les environnements, en général des îles de taille modeste, sont agrémentés de quelques effets météo bien sentis comme des tempêtes de sable ou des bourrasques qui vous soufflent presque dessus.
La bande-son fait le job mais ne laissera pas de souvenir impérissable. C’est rythmé, ça accompagne l’action, mais ça ne va jamais beaucoup plus loin. Le doublage anglais pour les debriefs de mission est correct, même si on a connu plus inspiré. L’ambiance générale reste cohérente: pas de chichi, juste du bruit, des explosions et des bruits de métal qui couine.

Sur la longueur, la formule montre vite ses limites. Détruire pour détruire, c’est fun, mais une fois qu’on a goûté à quelques dizaines de missions, l’effet découverte s’essouffle. La variété des véhicules ne suffit pas toujours à renouveler la sensation globale. Instruments of Destruction est un bon défouloir, mais un défouloir qui tourne un peu en rond si on le lance pour une grosse session.
Heureusement, le mode bac à sable est là pour faire exactement ce que son nom promet: poser son cerveau, charger un véhicule débloqué ou fabriqué soi-même, et voir ce qu’on peut réduire en miettes. On peut y bricoler sans pression et expérimenter des créations parfois brillantes, parfois honteusement inutiles mais toujours amusantes.

L’éditeur de véhicules est sans doute l’aspect le plus impressionnant du jeu. On peut vraiment tout concevoir: scies, lasers, pinces, aimants, vortex… C’est un terrain d’expérimentation énorme pour ceux qui aiment construire autant que détruire. Le jeu propose même une petite campagne pensée pour vous apprendre à concevoir vos machines. Une bonne idée, même si elle s’adresse clairement à ceux qui aiment passer du temps dans les menus.
En conclusion, Instruments of Destruction est un petit jeu où tout détruire sans se prendre la tête vous videra le cerveau. Mais c’est assez redondant sur une longue session.