Test de John Fox – Si je t’attrape Fox, je te Mulder !

John Fox avait pourtant tout pour profiter d’une retraite tranquille. Ancien super soldat, sauveur de dirigeants et mercenaire respecté, il ne demandait rien à personne. Malheureusement, son fidèle compagnon Milo se fait écraser la destinée par… un crapaud. Oui, un crapaud. C’est donc avec la détermination d’un héros d’action des années 80 et la subtilité d’un camion sans freins que John part traquer l’amphibien responsable. Cette chasse improbable le conduit à affronter une armée entière de grenouilles clones qui ont envahi la ville. Un scénario qui ressemble à un générateur de scripts cassé, mais qui a au moins le mérite d’arracher un sourire.

Du côté des graphismes, il ne faut pas s’attendre à une claque visuelle. Le jeu affiche une 2D pixelisée qui évoque un Streets of Rage Mega Drive passé plusieurs fois au lave-linge. Les sprites sont grossiers et l’ensemble manque clairement de finition. Cela dit, il y a un petit charme rétro qui fonctionne parfois, un peu comme ces vieux films d’action qu’on regarde en sachant très bien qu’ils ont mal vieilli. On est loin du pixel art raffiné à la mode, mais l’ensemble reste lisible.

Concernant le gameplay, la simplicité est reine : un coup, un saut, et c’est à peu près tout. Les affrontements s’enchaînent avec une efficacité correcte mais sans véritable surprise. On passe son temps à distribuer des baffes à des grenouilles clonées en espérant voir apparaître quelque chose de neuf à l’écran. Hélas, la routine s’installe rapidement. C’est un peu comme regarder le même gif internet pendant deux heures : au début on sourit, puis on vérifie discrètement l’heure. Le jeu se laisse parcourir sans douleur, mais il peine à créer un réel enthousiasme.

Pour la bande-son, le constat est encore plus compliqué. Les musiques tournent rapidement en boucle et finissent par accompagner l’aventure avec la discrétion d’une alarme de réveil un dimanche matin. Les effets sonores remplissent leur mission sans éclat particulier. Rien n’est catastrophique, mais rien ne marque vraiment les esprits. On est loin d’une bande-son qu’on aura envie d’écouter après la partie, contrairement aux classiques du genre qui restent gravés dans la mémoire des joueurs.

Concernant la durée de vie, l’expérience souffre surtout de sa répétitivité. Les ennemis, les situations et les mécaniques donnent souvent l’impression de recycler les mêmes idées en boucle. Le contenu se termine sans trop traîner en longueur, ce qui est finalement une bonne nouvelle. Le jeu ne devient jamais insupportable, mais il ne parvient jamais non plus à décoller. C’est un beat ’em up fonctionnel qui fait le strict minimum, un peu comme un Clone Trooper de Star Wars perdu dans une convention de cosplay : présent, reconnaissable, mais difficile à distinguer de la masse.

Au final, John Fox n’est pas une catastrophe vidéoludique, loin de là. Il propose quelques minutes de divertissement honnête pour les amateurs de castagne rétro, mais son manque d’ambition et d’originalité lui collent aux bottes du début à la fin. Comme le grand crapaud de l’aventure, le jeu saute d’idée en idée sans jamais vraiment atteindre sa cible. Sympathique à petites doses, oubliable dès qu’on repose la manette.