Avec ses vagues de mutants et son esprit nanardesque, Killing Floor II m’avait enchanté et j’ y avais passé un certain nombres d’heures. C’est donc avec impatience que j’attendais ce 3eme opus. Le 2 datant de 2016 avait besoin d’une sérieuse remise à niveaux avec les standards de beauté actuelle. Si Tripwire Interactive n’a pas les moyens d’un Activision, le fan attendait juste qu’il s’étoffe en gardant son identité. Le contrat est rempli à 50%.


Le principe de Killing Floor est simple comme bonjour : vous choisissez votre perso, qui a une classe propre et rentrez dans l’arène et vous subissez des vagues d’ennemis, jusqu’à une vague de boss et c’est fini. Le Boss est un horrible pas beau et entre les vagues, vous pourrez investir l’argent récolté en tuant les ennemis classiques pour changer votre arme, l’améliorer, acheter de l’armure, des gadgets qui vous permettront à vous et à votre équipe de résister aux assauts. Simple, basique … Digne d’un scenario de Luc Besson.

Le jeu est jouable solo, mais principalement en ligne avec une équipe. C’est cela tout le sel du jeu. Depuis le 2, nous avons le droit à une augmentation graphique qui fait passer le jeu dans la catégorie des jeux de next gen. Sans être un maitre étalon graphique, on ne peut qu’être surpris de la différence avec des beaux environnements, des textures pas trop dégueulasses et des effets de lumière sympatoche… Ça ne fait pas transpirer les 12 teraflops mais c’est déjà pas mal.

Nous sommes en 2091 et les zeds des mutants ont envahi le monde et vous faites partie d’une équipe afin d’éclaircir le mystère. Vous êtes un soldat, une pyromane, un ninja, un opérateur, un tireur d’élite et un médecin pour accomplir certaines missions qui sont prétexte à vous faire découvrir les cartes et surtout pour que les tripes volent en éclats. Car si vous ne connaissiez pas Killing Floor, c’est un jeu gore, le sang gicle, tout est dégoûtant, un peu gore. Il y a même maintenant des exécutions digne de God Of War. Sorti de cela, le jeu est prétexte à faire ressortir notre bestialité primaire.

Par rapport au 2, il y a une réelle évolution avec une meilleure prise en charge de la verticalité. Des tyroliennes sont présentes, les ennemis vous canarderons d’un point en hauteur et vous en ferez de même. Mais les cartes, ont toutes un aspect gris, terne, aseptisé, clinique qui vous provoqueront au bout de quelques heures une certaine lassitude quand le 2eme opus savait marier habilement les environnements avec un bateau, une fête foraine… Tout est froid dans Killing Floor III.


Autre point négatif de ce Killing Floor III par rapport à son prédécesseur, c’est son absence de second degré, le côté nanard a complètement disparu pour en faire un jeu sérieux, mais qui se prend les pieds dans le tapis. C’est justement son côté autodérision anachronique que j’avais adoré. Je prenais ma pyromane avec son look de Betty Boop des années 60 et en avant Guingamp, charpie de Zed à profusion… … En saucisses, en kebab, en steak haché, j’étais le Henri Boucher des Hauts-de-France. Et là, ils m’ont dénaturé mon joujou, en le CallOfant, en lui donnant un sérieux auquel il n’était pas destiné.

On retrouve aussi certains bugs de l’édition précédente dans ce Killing Floor III : déconnexions, ennemis coincés dans le décor, ce qui ne nous laisse que le choix d’abandonner la partie, mais aussi maintenant des exécutions dans le vide. Bref tout est très loin d’être parfait.

L’apparition d’un arbre de compétence pour nos différents opérateurs est une bonne chose et nous pousse à découvrir et personnaliser aux mieux notre combattant. Mais cela reste très insuffisant à ce que nous proposait le KF II en fin de vie. Gageons que Tripwire saura étoffer son jeu au fil des années s’ils veulent garde rleur cheptel de joueurs.

Tout n’est pas mauvais, mais tout n’est pas réussi. Les punchlines de nos opérateurs sont toujours présentes, mais moins drôles. Les ennemis sont devenus random : les cracheurs d’acides qui étaient des clowns dans le 2 sont devenus des blobs difformes, les sirènes, des robots sans armes… Savoir maitriser chaque opérateur, la modification de leurs armes via un menu et des points dédiés glanés au cours des parties, leurs gadgets seront un élément clef pour passer du niveau normal au niveau difficile et enfer sur Terre. Le jeu est multiplateforme, vous pourrez donc joueur avec des joueurs PC master race et Pony PS5.

Le jeu pue déjà la micro transaction à plein nez. La customisation cosmétique de vos opérateurs, les skins d’armes… Tout sera mis en place pour étoffer le jeu en termes de cartes, d’événements hebdomadaires, mais surtout d’attrape-nigauds qui se laisseront avoir pour avoir un opérateur badass et trop stylé. À l’heure où j’écris ces lignes, déjà bon nombre de joueurs ont réussi à avoir les 1000G ou le platine du jeu, c’est dire la durée de vie du jeu pour les joueurs qui consomment les jeux vidéos comme un fast-food ! Que restera-t-il dans 6 mois ?

De mon point de vue, Killing Floor III est un jeu moyen, qui, espérons le, saura s’étoffer et durer sur le long terme. J’hésite presque à relancer le 2, car ce côté nanard me manque. À trop coller au standard actuel, le jeu s’est égaré et a perdu une partie de son attrait.