Test de METAL GEAR SOLID: MASTER COLLECTION Vol.2 – C’est juste une compil ?

Après avoir laissé les joueurs disséquer le premier volume comme un fan de théorie devant une vidéo de Hideo Kojima de trois heures, Konami revient avec METAL GEAR SOLID: MASTER COLLECTION Vol.2. Cette nouvelle compilation rassemble Metal Gear Solid 4: Guns of the Patriots, Peace Walker et l’étonnant Ghost Babel, avec en prime une montagne de documents bonus pour ceux qui aiment autant lire des fiches de personnages que jouer. L’argument principal saute immédiatement aux yeux : MGS4 sort enfin de sa retraite forcée sur PS3. Un peu comme si un héros oublié de la génération précédente décidait soudainement de revenir sur le devant de la scène, avec moins de rhumatismes et davantage d’images par seconde.

Au niveau des graphismes, cette collection repose surtout sur le travail effectué autour de Metal Gear Solid 4. La hausse de résolution et la fluidité renforcée changent clairement le confort de jeu. Certaines séquences paraissent étonnamment modernes malgré l’âge du titre, même si les textures et les couleurs trahissent rapidement leur origine de 2008. L’ensemble ressemble à un acteur de cinéma qu’on aurait passé par une très bonne remise en forme : il a meilleure mine, mais il ne prétend pas avoir vingt ans. Quelques baisses ponctuelles de qualité d’image rappellent toutefois qu’on est face à un portage et non à un remake façon Resident Evil.

Concernant le gameplay, la formule infiltration reste toujours aussi efficace. MGS4 conserve cette capacité unique à faire monter la tension lorsqu’un garde tourne la tête dans votre direction au pire moment possible. Peace Walker, de son côté, reste particulièrement agréable à parcourir grâce à sa structure orientée missions et à son mode coopération. D’ailleurs, retrouver Big Boss et Old Snake dans la même compilation, c’est un peu comme réunir Batman et Bruce Wayne autour d’un barbecue : techniquement étrange, mais totalement irrésistible pour les fans. Même Ghost Babel conserve un charme rétro étonnant avec ses mécaniques adaptées aux contraintes de la Game Boy Color.

Pour la bande-son, difficile de prendre cette saga en défaut. Les musiques emblématiques continuent d’accompagner chaque infiltration avec une efficacité redoutable. Les thèmes militaires, les montées en tension et les morceaux plus mélancoliques rappellent régulièrement pourquoi Metal Gear figure parmi les licences les plus marquantes du jeu vidéo. L’ajout de la Digital Soundtrack Vol.2 constitue d’ailleurs un bonus appréciable pour prolonger l’expérience. On se surprend parfois à écouter certains morceaux avec le même sérieux qu’un personnage de Stranger Things découvrant une cassette mystérieuse.

Concernant la durée de vie, cette compilation offre de quoi occuper les amateurs d’infiltration pendant de longues heures. Entre l’aventure dense de MGS4, les nombreuses missions de Peace Walker, les défis liés aux succès et trophées et les contenus encyclopédiques des Master Books, difficile de manquer de choses à faire. Ces ouvrages numériques regorgent d’informations passionnantes sur l’univers et les personnages, même si leur consultation reste toujours aussi peu pratique. En revanche, le contenu global paraît un peu moins généreux que celui du premier volume, ce qui peut laisser certains joueurs sur leur faim compte tenu du tarif demandé.

Au final, METAL GEAR SOLID: MASTER COLLECTION Vol.2 réussit l’essentiel : permettre à Metal Gear Solid 4 de revenir sous les projecteurs dans des conditions enfin dignes de sa réputation. Certes, tout n’est pas parfait et certains éléments sentent davantage la conservation de musée que la restauration de luxe, mais le plaisir de retrouver Snake reste intact. Comme un vieux codec qui grésille encore après des années, la magie opère toujours. Maintenant, la balle est dans le camp de Konami : soit la saga continue d’avancer, soit Snake devra encore sauver le monde pendant que son éditeur cherche discrètement la touche « suite ».