Test de MindsEye – Loin du GTA-like, un excellent thriller d’action pop-corn

On se souvient tous de l’engouement autour de MindsEye lors de son annonce. Les premières images laissaient présager un nouveau titan du monde ouvert, un « GTA-like » ambitieux mâtiné de science-fiction. Quelques mois après une sortie en demi-teinte et une refonte technique massive via plusieurs mises à jour, il est temps de poser un verdict définitif. Oubliez vos fantasmes de liberté absolue : MindsEye n’est pas le bac à sable espéré. Mais si l’on accepte sa véritable nature, le titre cache un jeu d’action redoutablement efficace.

Avec un drone on peut tout faire.

Évacuons d’emblée le sujet qui fâche : la structure du jeu. Si vous lancez MindsEye avec l’intention de flâner, de braquer des passants ou de déclencher des émeutes au coin de la rue, vous risquez la douche froide. Le jeu assume très vite son statut de « jeu couloir » à grand spectacle. La progression est hyper linéaire, et les missions scénarisées s’enchaînent sans vous laisser le temps de respirer.

Ce parti pris extrêmement dirigiste se ressent particulièrement dans la gestion du contenu annexe. Ne cherchez pas un PNJ au fond d’une ruelle pour lancer une course de rue ou un contrat de mercenaire : absolument tout le contenu secondaire se lance froidement depuis le menu principal. C’est un choix de game design déroutant en 2026, qui ampute le jeu de toute notion d’exploration, mais qui a le mérite de garantir un rythme effréné à ceux qui veulent picorer de l’action pure sans temps mort.

Elle a un petit air de Théo

C’est d’autant plus frustrant que les développeurs ont abattu un travail colossal sur la direction artistique. La métropole futuriste de Redrock en jette. Grâce aux récents (et nombreux) patchs qui ont corrigé les (eux aussi nombreux) errements techniques du lancement, le jeu est aujourd’hui très propre. Les reflets sur les carrosseries, les jeux de lumière au néon et la fluidité globale flattent la rétine.

Cependant, cette vitrine technologique sonne creux. Redrock est une ville atrocement vide. On a l’étrange sensation de rouler au cœur d’une immense maquette ou sur un somptueux plateau de cinéma que les figurants auraient déserté. Les quelques PNJ ou véhicules civils croisés manquent cruellement de naturel, ce qui empêche la ville de devenir un personnage à part entière. On s’y promène avec plaisir, mais on n’y croit jamais vraiment.

Si le monde manque de vie, votre manette, elle, va chauffer. C’est ici que MindsEye sauve les meubles et déploie ses plus beaux atouts. Le gameplay est le véritable cœur nucléaire du jeu.

La conduite, tout d’abord, est une franche réussite. Les développeurs ont trouvé un équilibre parfait : c’est très arcade, extrêmement permissif, mais les véhicules conservent une vraie sensation de poids et d’inertie. Se faufiler dans la circulation à 200 km/h, enchaîner les dérapages millimétrés et survivre à des courses-poursuites dantesques s’avère incroyablement jouissif.

Attention à l’aquaplanning

Cette adrénaline se retrouve manette en main dès qu’il faut sortir de l’habitacle. MindsEye propose des séquences de tir nerveuses, brutales et sans fioritures. Le gunplay tape fort, le recul des armes est prononcé, et le sentiment d’impact sur les ennemis rend chaque affrontement satisfaisant. Le jeu alterne avec brio entre le volant et la gâchette, offrant des scènes d’action dignes d’un blockbuster hollywoodien.

Pour lier ce déluge pyrotechnique, MindsEye nous plonge dans un thriller de science-fiction très accrocheur. On y incarne Jacob Diaz, un ancien soldat d’élite équipé du « MindsEye », un mystérieux implant neuronal. Frappé d’amnésie et hanté par les flashbacks d’une opération clandestine tragique, Jacob doit démêler le vrai du faux. Sans réinventer la roue, le scénario nous entraîne efficacement au cœur d’une conspiration mêlant méga-corporations corrompues et intelligences artificielles incontrôlables.

L’histoire fait largement le job, mais elle est hélas freinée par son casting. Jacob Diaz, tout comme ses alliés et ses ennemis, manquent cruellement d’épaisseur et de charisme. Les dialogues sont fonctionnels, mais il manque cette petite étincelle, ce supplément d’âme qui nous ferait ressentir de l’empathie pour ces coquilles vides. On suit l’aventure de Jacob avec beaucoup d’intérêt pour les événements, mais avec une certaine indifférence pour le destin de l’homme.

Un Jacob Diaz tourmenté

MindsEye est la preuve qu’un mauvais départ n’est pas une fatalité. Sauvé par ses mises à jour et correctifs, le titre s’impose aujourd’hui comme un excellent jeu d’action pop-corn. Il faut impérativement faire le deuil du « GTA-like » promis et accepter ses environnements vides et sa structure hachée par les menus. Mais si vous cherchez à débrancher votre cerveau pour profiter d’une conduite véritablement jouissive, de fusillades percutantes et d’un scénario SF rythmé, le contrat est rempli. Proposé aujourd’hui à 35 €, c’est un défouloir hautement recommandable