Annapurna Interactive nous habitue à nous embarquer dans des histoires originales. Après un Artful Escape relativement intrigant, c’est l’heure de découvrir Mixtape. Alors, enfilez votre casque audio, mettez votre plus belle cassette dans votre vieux walkman.

Tout d’abord, je tiens à clarifier une chose : le jeu parlera davantage aux millénials qu’aux plus jeunes. Malgré tout, il peut offrir une vision romanesque des années 80. On suit une bande de jeunes qui ont tous une passion commune : la musique. Et pas n’importe laquelle, les bons vieux sons qu’on écoutait jadis, grinçant dans les haut‑parleurs, explosant dans les oreillettes, baignant dans cette atmosphère à la fois naïve et intense de l’adolescence. On se glisse naturellement dans la peau de Ruby, une jeune lycéenne qui, entre rires forcés, silences gênants et petits gestes maladroits, cherche sa place dans un groupe, sa voix, et surtout… sa propre bande‑son.

Le cœur de Mixtape, c’est sa direction artistique et son ambiance sonore. Dès les premières minutes, on est happé par une esthétique très travaillée, mélange de teintes chaudes, de lumières tamisées et de visuels qui rappellent les pochettes de cassettes, les affiches punks et les soirées de collège. La bande‑son, elle, fait presque tout le travail émotionnel : chaque morceau frappe au moment juste et donne une profondeur toute personnelle à des scènes qui pourraient facilement rester superficielles. C’est rarement dans l’action que le jeu brille, mais dans la sensation qu’il donne, comme si tu feuilletais un album photo de ton adolescence, avec la musique en arrière‑plan.

Sur le plan du gameplay, on est plutôt sur quelque chose de très léger, presque minimaliste. Le jeu ne se pose pas comme un défi complexe, mais davantage comme un cheminement narratif accompagné de petites interactions. On marche, on choisit des dialogues, on manipule quelques objets. Rien de très technique, mais tout est pensé pour faire sens. On sent qu’on joue un scénario beaucoup plus qu’un niveau.
Bien sûr, tout n’est pas parfait. Le gameplay, déjà très léger, peut parfois donner l’impression de se répéter, notamment dans certaines séquences de marche ou de dialogue où l’interactivité reste limitée. Il y a aussi cette sensation, par moments, de glisser un peu trop vite sur certains enjeux, de laisser passer des situations chargées sans aller jusqu’au bout, simplement parce que le jeu préfère garder un rythme fluide et poétique.

Pour ceux qui cherchent un vrai challenge ou une mécanique profonde, Mixtape risque de vous laisser sur leur faim. En revanche, si tu acceptes son côté contemplatif et narratif, il devient très vite une expérience presque hypnotique, qu’on se laisse porter par la musique et par les silences.
Au final, Mixtape est une ode à l’adolescence, à ces années où tout semble tourner autour d’une playlist parfaite, d’une chanson qui tombe pile au bon moment, d’un morceau qui te donne l’impression d’être compris sans que personne n’ait rien dit. Techniquement simple, mais artistiquement très marquant, il se glisse tranquillement dans la mémoire, comme une cassette oubliée au fond d’un tiroir, qui resurgit des années plus tard et te fait revivre une époque, un groupe, une amitié, une émotion.
