Dans Mortanis Prisoners, le jeu te balance sans ménagement dans un camp où l’humanité a déjà perdu depuis longtemps, puis décide d’enfoncer le clou avec des monstres sortis d’un cauchemar fiévreux. Le pitch est lourd, volontairement dérangeant, et le jeu le sait très bien. Il appuie là où ça fait mal, te regarde dans les yeux et te dit : bon courage. Ambiance plombante garantie, avec cette sensation permanente d’être seul contre tout, un peu comme quand tu lances un jeu d’horreur à 2h du matin en te disant que ça ira. Spoiler : ça n’ira pas.

Au niveau des graphismes, Mortanis Prisoners donne l’impression de tourner sur une Xbox 360 qui aurait trop vécu, celle qui fait un bruit d’avion au décollage. La résolution est faiblarde, les textures sont aussi détaillées qu’un décor en carton pate, et les environnements sombrent dans un marron grisâtre permanent. L’ambiance sombre est là, mais elle est plus subie que réellement maitrisée. On comprend l’intention, mais le rendu fait souvent penser à un vieux survival horror fauché plutôt qu’à un hommage stylisé. Les ennemis, eux, se ressemblent tous et affichent un charisme proche d’un PNJ buggué, ce qui n’aide clairement pas à maintenir la tension.

Concernant le gameplay, on est sur une boucle aussi classique que redondante : chercher des objets pour s’échapper pendant que des créatures veulent te renvoyer six pieds sous terre. L’idée fonctionne sur le papier, mais dans les faits c’est mou du genou. Les affrontements manquent d’impact, les ennemis ne brillent ni par leur intelligence ni par leur variété, et les options se limitent souvent à esquiver ou tirer en soupirant. Au bout d’un moment, on avance plus par automatisme que par peur, un peu comme dans certains épisodes ratés de The Walking Dead où tu sais exactement ce qui va se passer, mais tu continues quand même.

Pour la bande-son, le jeu fait le strict minimum syndical. Elle accompagne l’action sans jamais la sublimer, installe une ambiance correcte sans la rendre mémorable. Rien de catastrophique, mais rien qui te restera en tête non plus. A cela s’ajoute un détail important : le jeu est uniquement en anglais, sans sous-titres. Autant dire que si ton niveau se limite aux dialogues de Call of Duty, tu risques de passer à côté de pas mal de choses. Et à 20 euros, l’addition pique franchement pour une expérience qui donne souvent l’impression d’avoir un pied dans le passé et l’autre dans le vide.

Pour conclure, Mortanis Prisoners avait une idée forte et un cadre qui aurait pu marquer les esprits, mais l’exécution est trop datée pour convaincre. Entre sa technique vieillotte, son gameplay répétitif et son prix bien trop ambitieux, le jeu ressemble à une mauvaise VHS d’horreur retrouvée au fond d’un tiroir : intéressante par curiosité, mais pas assez solide pour qu’on ait vraiment envie de la remettre dans le lecteur.