Test de Neon Vault Rush – Du parkour qui agresse les yeux

Plongé dans un monde cyberpunk où chaque couleur semble avoir été sélectionnée par un néon sous acide, Neon Vault Rush nous balance directement dans une course contre la montre où le moindre faux pas vous renvoie au menu plus vite qu’un speedrunner hypercaféiné. L’introduction est séduisante: plateformes flottantes, pièges mortels, synthwave qui pulse comme une soirée à Night City, et promesse de parkour à grande vitesse. Sur le papier, ça donne envie de se la jouer héros numérique façon Tron en espérant que personne ne remarque qu’on ne sait même pas faire un roulé-boulé dans la vraie vie.

Soirée disco

Au niveau des graphismes, difficile de ne pas lever un sourcil, voire deux. Les décors sont certes colorés, certes néon, certes cyberpunk, mais on a l’impression que les textures ont décidé de prendre un RTT collectif. Résultat: tout ressemble à un monde 3D tellement vide que même un décor de série des années 90 aurait plus de personnalité. L’ironie, c’est que la DA promettait quelque chose de futuriste: là, on se retrouve avec un univers qui semble généré par une GameCube fatiguée après un marathon de 48 heures. Le pire: parfois, on se demande si le vide total n’est pas un choix artistique. Mauvais choix, certes, mais choix quand même. Et puis les couleurs brûlent les yeux !

Des lasers?

Concernant le gameplay, on est sur un parkour en vue FPS qui voudrait être nerveux, fluide et exigeant… mais qui finit plutôt rigide, imprécis et mou du genou. La course sur les murs, censée être le cœur du jeu, donne plutôt l’impression de glisser sur du savon industriel. On attrape des orbes pour débloquer la sortie, mais le plaisir, lui, reste bien enfermé dans le coffre. Au bout d’un moment, on se demande si ce n’est pas un test psychologique pour voir combien de temps on peut tenir avant de retourner sur Mirror’s Edge juste pour se rappeler que le parkour fun existe vraiment.

Agressif pour les yeux

Pour la bande-son, on retrouve une musique électro qui cogne fort, trop fort même, au point de donner l’impression que le compositeur voulait réveiller les morts ou au moins leur donner envie de danser. Ça tape sur le système assez rapidement, comme un voisin qui découvre l’existence du caisson de basses un dimanche matin. Certes, ça colle à l’ambiance synthwave… mais au bout d’un moment, on rêve d’un bouton: mettre sur pause cette séance d’électrochoc auditif.

Soirée du nouvel an 2045

Concernant la durée de vie, elle dépend surtout de ta capacité à tolérer l’ennui et la rigidité du gameplay. Certains jeux sont courts mais intenses: ici, même quelques minutes peuvent sembler longues. On progresse parce qu’on doit, pas parce qu’on veut. C’est un peu comme regarder une saison entière d’une série nulle juste pour savoir comment ça se termine: on avance, mais on souffre.

Pour conclure, Neon Vault Rush tente d’être un trip cyberpunk rapide et stylé, mais finit comme un cosplay bas de gamme vu de loin: ça brille, mais ça ne tient pas la route. Si tu veux du parkour nerveux, de la précision et du plaisir, mieux vaut ressortir Mirror’s Edge plutôt que t’infliger une virée dans ce tunnel de néons délavés et de gameplay rachitique. Au final: seul quelqu’un vraiment en manque de sensations pourrait y trouver un vague intérêt, et encore.