Test de PULMO – Une expérience très originale

PULMO, c’est un peu ce jeu qui te regarde dans les yeux, te tend un miroir et te murmure doucement: calme-toi, respire, tout va bien se passer… ou pas. Ce titre te met dans la peau d’un vagabond solitaire perdu au milieu de foules aussi muettes qu’un open space à 8h du matin. Ici, pas de game over, pas de chrono, pas de score à poster sur Twitter. Juste toi, des gens qui réagissent bizarrement à tes actions et des énigmes spatiales qui ressemblent parfois plus à des poèmes interactifs qu’à de vrais casse-têtes. Une expérience contemplative, un peu comme Journey après trois cafés et une crise existentielle.

Qui est qui ?

Concernant la direction artistique, PULMO frappe juste et fort, sans jamais en faire trop. Le mélange de 3D et de minimalisme dessiné à la main fonctionne étonnamment bien, au point qu’on se surprend parfois à s’arrêter pour regarder une scène comme on regarderait un fond d’écran premium. Chaque chapitre a sa propre identité visuelle et raconte quelque chose sans jamais lâcher un seul mot. On pense parfois à Inside pour l’ambiance, parfois à un musée d’art contemporain où personne n’ose parler de peur de déranger. C’est beau, c’est propre, et surtout ça sert le propos sans chercher à impressionner gratuitement. Et tout ça avec seulement du noir, du blanc et des touches de gris !

Moment calme

Du côté du gameplay, inutile de chercher des mécaniques complexes ou des combinaisons de touches à la Street Fighter. Ici, on se déplace, on observe et on comprend la logique du chapitre. Ce n’est pas vraiment de la réflexion pure, même si le jeu pousse à réfléchir sur ce qu’il attend de toi. Traverser un océan, sortir d’un labyrinthe ou éviter des chutes de corps humains devient presque une chorégraphie silencieuse avec la foule. Tout est simple, parfois trop, mais assumé. PULMO n’est pas là pour te challenger, il veut te faire ressentir quelque chose. Et si tu t’attendais à un puzzle game bien corsé, tu risques de lever un sourcil, voire les deux.

Barrez vous, con de mimes !

Pour la bande-son, le jeu fait clairement partie des bons élèves. Les musiques sont jolies, discrètes et accompagnent parfaitement l’expérience sans jamais prendre le dessus. Elles soulignent les moments importants, renforcent l’ambiance et savent se faire oublier quand il le faut. On est loin de la playlist épique qui cherche à forcer l’émotion. Ici, c’est plus subtil, presque méditatif, comme si le jeu te disait doucement de lâcher la manette et de réfléchir à la vie. Oui, rien que ça.

Concernant la durée de vie, il faut être honnête: PULMO se termine très vite. En moins d’une heure, le jeu est bouclé à 100 %, et les joueurs les plus attentifs pourront même voir le générique en 30 minutes. Les dix chapitres abordent pourtant des thèmes intéressants comme le désespoir, la justice, la confiance ou l’insignifiance, mais on aurait aimé que ça dure un peu plus longtemps. À 9,99 euros, l’expérience reste sympa, mais on se surprend à penser qu’un tarif autour de 5 euros aurait été plus cohérent avec ce qu’il propose.

Cherchez son chemin

Au final, PULMO est une belle expérience qui sort clairement des sentiers battus, un jeu qui préfère te parler à voix basse plutôt que de te hurler dessus avec des explosions et des QTE. Sa direction artistique réussie, sa musique soignée et son concept original en font un titre marquant, malgré une durée de vie bien trop courte pour son prix. Ce n’est pas un jeu à dévorer, mais à ressentir, un peu comme un court-métrage bizarre que tu n’oublies pas tout de suite. À découvrir, surtout si tu aimes les expériences qui te laissent seul avec tes pensées une fois la console éteinte.