Test de Rayman: 30th Anniversary Edition – Car-Rayman dur !

Dans cette édition anniversaire, Rayman revient faire claquer ses cheveux-hélico comme si rien n’avait changé depuis 1995, et honnêtement: ça fait un bien fou. On replonge dans ces mondes colorés où un moustique fait office de taxi aérien et où un magicien moustachu vous raconte que le Grand Protoon a disparu, comme si c’était la panne d’électricité du quartier. Cette version propose un musée ultra complet, des variantes sur tout un tas de machines d’époque et même un prototype SNES dont on ignorait l’existence: et puis cela nous ramène aux histoires autour du deal foireux entre Sony et Nintendo.

J’ai pris 30 ans dans la tronche

Au niveau des graphismes, chaque version garde sa personnalité, de la Jaguar un peu brute à la PlayStation plus léchée, tandis que les filtres CRT ajoutent ce petit côté télé Thomson des années 90 qu’on a tous connu. La direction artistique reste magique, mais le choix d’imposer les musiques réorchestrées au détriment des compositions originales laisse un goût amer, surtout pour un jeu qui veux nous vendre la nostalgie. L’ensemble reste beau, même si certaines versions affichent clairement leurs rides. Et je ne parle pas de la version Game Boy Color dégueulasse.

Concernant le gameplay, c’est toujours le même charme étrange où Rayman commence sans aucun pouvoir: littéralement une victime au début. Impossible de cogner, juste sauter et serrer les fesses. On progresse lentement, on retrouve Betilla, on recharge l’arsenal, et le fun réapparaît. Mais le jeu ne pardonne rien: 102 cages à trouver, un level design parfois vicieux et des passages qui rappellent pourquoi tant de manettes ont fini écrasées contre le mur en 1996. Les options modernes comme le rembobinage et les vies infinies sauvent les nerfs, même si elles bloquent les succès: dommage pour ceux qui voulaient frimer sur leur profil Xbox avec une petite dose de masochisme.

Pour la bande-son, l’idée de revisiter les thèmes est bonne sur le papier, mais l’impossibilité d’écouter les musiques d’origine reste un choix surprenant, voire frustrant. Les nouveaux arrangements signés Christophe Héral sont travaillés, mais l’envie de réentendre les compositions légendaires de Rémi Gazel se fait sentir, surtout dans une version censée célébrer trente ans d’histoire.

Concernant la durée de vie, elle dépend clairement de votre motivation à recommencer le même jeu cinq fois ou presque. Certes, les 120 niveaux supplémentaires côté PC donnent un vrai shot d’oxygène, mais on reste face à une boucle de gameplay très similaire. Et puis, quel dommage que les jeux soient tous en anglais, à part la version GBA. Pour un jeu français, c’est franchement problématique…

La partie musée, elle, apporte un vrai plus: interviews, documents, concept arts, anecdotes croustillantes… Le genre de bonus qui pourrait faire dire à un joueur: j’ai acheté le jeu juste pour ça, et je ne le regrette presque pas. Et c’est tout en français, vu que les créateurs le sont ! Quel plaisir de retrouver des anecdotes de Michel Ancel et ses acolytes.

Pour conclure, Rayman: 30th Anniversary Edition est une madeleine de Proust bien croustillante, pleine de charme, d’histoire et de nostalgie brute. Une compilation qui ne surprend pas, mais qui fait sourire, même si on aurait aimé plus de générosité avec Rayman 2 et 3 dans la boîte. On s’amuse, on râle, on peste contre le texte en anglais et on applaudit le musée: bref, un hommage attachant, bancal par endroits, mais impossible à détester… un peu comme Rayman lui-même.