Test de Retro Drive Revamped – Vade retro !

Plonger dans Retro Drive Revamped, c’est comme ressortir une vieille VHS oubliée derrière le magnétoscope, souffler la poussière dessus et se dire que c’était peut‑être mieux dans nos souvenirs. La ville de Retropolis dégouline de néons, les synthés hurlent à la gloire des années 80 et la promesse est claire : vitesse, arcade et nostalgie à fond les ballons. Sur le papier, on s’attend presque à voir débarquer un plan coupé de Drive ou un même vaporwave mal compressé. Manette en main, l’illusion fonctionne quelques minutes, juste assez pour se dire qu’on va passer un bon moment à rouler comme un héros de série B sous amphétamines.

Mal aux yeux ?

Au niveau des graphismes, le jeu fait plutôt le job sans décrocher la mâchoire. Les routes brillent comme un sol fraîchement ciré, les couleurs saturées agressent la rétine avec amour et l’ambiance 80 est clairement réussie. Ce n’est pas vilain, loin de là, et ça tourne proprement, mais on reste sur quelque chose de très sage. On est plus proche d’un fond d’écran animé Windows que d’un trip sensoriel à la Tron Legacy. Ça clignote, ça pulse, mais ça ne surprend jamais vraiment, comme un jukebox qui ne jouerait qu’un seul tube en boucle.

Il y a 5 voitures

Concernant le gameplay, les choses se compliquent sévèrement. La conduite se veut arcade, mais elle donne surtout l’impression de piloter une savonnette lancée sur du verglas. Le véhicule flotte, répond mal et transforme chaque virage en petite épreuve de patience. Là où on espérait un fun immédiat façon Music Racer, on se retrouve avec une version nettement moins inspirée et beaucoup plus frustrante. Résultat : on s’énerve, on recommence, on s’énerve encore, et pas dans le bon sens. Le plaisir pur promis par le concept se dilue rapidement, laissant place à une sensation assez étrange d’ennui, ce qui est quand même un comble pour un jeu de course arcade.

A fond !

Pour la bande-son, le contraste est assez brutal. La musique synthwave fait clairement le taf et accompagne bien les premières sessions, avec des morceaux efficaces qui sentent bon le cuir, les lunettes de soleil et les couchers de soleil pixelisés. En revanche, dès qu’on tend un peu l’oreille, le reste de l’ambiance sonore manque cruellement de punch. Les bruitages sont mous, sans impact, et donnent l’impression d’avoir été ajoutés à la dernière minute. C’est un peu comme écouter un bon album sur des écouteurs bas de gamme : la mélodie est là, mais tout le reste sonne creux.

Un mode Jukebox

Concernant la durée de vie, Retro Drive Revamped n’est ni trop court ni vraiment engageant sur le long terme. Le contenu existe, les circuits s’enchaînent et les collectibles font acte de présence, mais rien ne pousse réellement à s’accrocher. Faute d’un gameplay solide et d’un fun constant, la répétition s’installe vite et l’envie de relancer une course s’évapore plus rapidement qu’un souvenir d’enfance idéalisé. Avec un tarif léger de 9,99 euros, Retro Drive Revamped a au moins le mérite d’être vendu à un prix correct.

Il y a du blabla aussi (en français le texte)

Au final, Retro Drive Revamped est ce jeu qu’on voulait aimer très fort mais qui nous lâche dès les premiers kilomètres. L’ambiance 80 est réussie, la musique fait illusion et l’ensemble est propre, mais le gameplay raté plombe tout le reste. On s’ennuie manette en main, ce qui est sans doute le pire crime pour un jeu de course. Dommage, vraiment, car avec un peu plus de mordant et moins de flottaison, Retropolis aurait pu devenir un lieu de pèlerinage. Là, c’est surtout un arrêt rapide avant de passer à autre chose.