Snack and Quack: Duckling Steps vous propose d’entrer dans la vie palpitante d’une maman canard dont le quotidien consiste à pousser ses enfants… littéralement. Ici, pas de drame familial ni de quête épique façon Le Roi Lion, juste une mission capitale : emmener des canetons affamés jusqu’à des morceaux de pain. Le tout dans une ambiance bucolique qui sent bon la mare calme… et le recyclage de gameplay. On démarre avec le sourire, parce que des canards en pixel art, c’est mignon. Puis on comprend rapidement que cette balade digestive va surtout solliciter vos neurones et votre patience, avec un petit parfum de déjà-vu.

Du côté du gameplay, le principe est aussi simple qu’un épisode de Dora l’exploratrice sans sac à dos magique. On pousse un caneton et il glisse tout droit jusqu’à rencontrer un obstacle. Il faut donc anticiper les trajectoires comme dans un sokoban, version pique-nique aquatique. L’idée fonctionne, soyons honnêtes, mais elle ne surprend jamais. Le jeu empile ses 30 niveaux comme des tranches de pain de mie : ça passe, mais ça manque cruellement de saveur. Entre l’Étang qui joue les tutos interminables et le Marais qui tente timidement de relever le niveau, la progression reste très scolaire.

Concernant les graphismes, Afil Games reste fidèle à sa ligne éditoriale : du pixel art coloré, propre, mais aussi marquant qu’un fond d’écran Windows 98. Les canetons font leur petit effet au début, puis deviennent aussi mémorables qu’un PNJ dans un RPG mobile oublié. On a vu plus inspiré, même dans des jeux indés à deux euros. Après une quinzaine de niveaux, on regarde les décors comme on regarde un mur blanc : avec résignation.
Pour la bande-son, difficile de ne pas penser à ces musiques d’ascenseur qui vous font douter de vos choix de vie. C’est discret, répétitif, et surtout complètement oubliable. On pourrait presque remplacer le son par un podcast ou une playlist Spotify sans rien perdre de l’expérience. Le jeu ne cherche jamais à créer une ambiance marquante, et il y parvient parfaitement.

Concernant la durée de vie, le terme snack n’a jamais été aussi approprié. Les 30 niveaux se bouclent rapidement, parfois trop, avec une sensation constante de redondance. On avance plus par automatisme que par réel plaisir de découverte, un peu comme rusher une série moyenne un dimanche pluvieux. La seule vraie motivation devient alors le fameux 2000G, obtenu sans effort, histoire de flatter l’ego du chasseur de succès.
Au final, Snack and Quack: Duckling Steps est le parfait clone de lui-même : un sokoban gentil, facile, mais terriblement répétitif. Afil Games continue de produire ses puzzles comme une usine à pain de mie, et ça se ressent. À conseiller uniquement aux amateurs du genre ou à ceux qui veulent gonfler leur Gamerscore sans transpirer. Les autres risquent de rester sur leur faim… même avec tout ce pain.
