Les FPS roguelite sont devenus un terrain d’expérimentation très prisé par les studios indépendants. Gunplay nerveux, progression par l’échec et univers marqué sont désormais des ingrédients presque obligatoire du genre. Soulslinger: Envoy of Death s’inscrit pleinement dans cette tendance, tout en tentant de se démarquer par une identité visuelle et thématique forte, mêlant western et fantasy macabre.

L’univers du jeu se déroule dans les limbes, un monde crépusculaire où saloons abandonnés, canyons spectrales et architectures surnaturelles composent un décor cohérent et oppressant. La direction artistique, sombre et stylisée, privilégie les teintes sépia et les éclairages contrastés, renforçant cette ambiance de western fantomatique. Les ennemis, inspirés de créatures occultes et de figures humanoïdes corrompues, affichent un design parfois inégal mais globalement efficace. L’ambiance sonore, discrète et pesante, soutient l’immersion sans jamais chercher à en faire trop, laissant l’action parler d’elle‑même.

Manette en main, Soulslinger mise avant tout sur un gunplay rapide et exigeant. Les affrontements se déroulent dans des arènes fermées où le mouvement, le dash et la gestion du rechargement sont essentiels à la survie. Chaque run propose des salles aléatoires, des choix de portails et des améliorations temporaires qui modifient sensiblement le style de jeu. Entre deux tentatives, le hub central permet de débloquer des améliorations permanentes, offrant un sentiment de progression constant malgré les échecs répétés. Le système est classique mais efficace, et repose avant tout sur la maîtrise des mécaniques et la lecture des patterns ennemis.

Cependant, cette formule montre rapidement ses limites. La structure des runs, très similaire d’une partie à l’autre, finit par installer une certaine répétitivité sur la durée. Le bestiaire, bien que correct, manque de variété réelle, et certaines salles donnent une impression de déjà‑vu assez marquée. De plus, le rythme du jeu peut parfois être cassé par des pics de difficulté mal dosés ou par une lisibilité perfectible lors des combats les plus chargés. La narration, distillée par petites touches, intrigue au départ mais peine à réellement s’imposer comme un moteur de motivation sur le long terme.

Soulslinger: Envoy of Death est un FPS solide, porté par une ambiance réussie et un gameplay nerveux, mais qui reste très dépendant des codes du genre. Il rappelle énormément Clive Barker’s Undying pour les fans. S’il ne révolutionne rien, il propose une expérience cohérente et exigeante, clairement destinée aux amateurs de runs punitifs et de progression méthodique. Un jeu sérieux, parfois trop rigide dans sa structure, mais suffisamment maîtrisé pour offrir de bonnes heures de défi à ceux prêts à accepter ses règles.