Il existe des jeux conçus pour rassembler les amis autour d’un bon moment, puis il y a SpeedRunners 2: King of Speed, cette machine infernale qui transforme une soirée tranquille en épisode perdu de Koh-Lanta version super-héros hyperactifs. Le principe est simple : courir, sauter, s’accrocher et surtout rester à l’écran pendant que le cercle de feu dévore les retardataires. Cette suite reprend la formule qui avait fait le succès du premier épisode et la propulse dans une version plus moderne, avec jusqu’à huit joueurs (en ligne, seulement 4 en local) prêts à sacrifier leur dignité pour franchir la ligne d’arrivée avant les autres.

Concernant le gameplay, SpeedRunners 2 ne cherche pas à réinventer la roue : il préfère l’attacher à une fusée. On retrouve immédiatement les sensations qui ont rendu la série culte auprès des amateurs de compétition nerveuse. Entre les sauts muraux, les glissades et le grappin, chaque déplacement donne l’impression de participer à une course de super-héros sous caféine. Les pièges, missiles et autres joyeusetés ajoutent une dose de chaos parfaitement dosée. J’étais convaincu d’être un compétiteur respectable jusqu’à mes premières parties classées, avant de découvrir que certains joueurs se déplacent avec la précision d’un speedrunner qui aurait signé un pacte avec les développeurs.

Au niveau des graphismes, le constat est un peu plus mitigé. L’ensemble reste assez simple visuellement, sans effet « waouh » susceptible de faire pleurer votre téléviseur de bonheur. En revanche, les environnements sont variés et remplis de petits détails sympathiques. Le problème, c’est qu’à cette vitesse, admirer le décor revient à essayer de lire un roman pendant une poursuite dans Fast & Furious. La bonne nouvelle, c’est que la fluidité est irréprochable : même lorsque 4 joueurs sèment le chaos à l’écran, le jeu reste stable et lisible. Les options de personnalisation apportent également un petit objectif supplémentaire avec des cosmétiques à débloquer au fil des parties.

Pour la bande-son, l’approche choisie fonctionne plutôt bien. Les bruitages accompagnent efficacement chaque action : impacts, glissades, grappins et collisions participent au rythme trépidant des courses. Les musiques restent discrètes et évitent de transformer chaque manche en concert improvisé. Résultat : l’ambiance soutient l’action sans voler la vedette au gameplay. Ce n’est peut-être pas une bande originale que l’on écoutera sous la douche, mais elle remplit parfaitement sa mission.
Concernant la durée de vie, tout dépendra de votre rapport à la compétition. Les affrontements contre l’IA occupent quelques heures avant de montrer rapidement leurs limites. En ligne, en revanche, le titre dévoile tout son potentiel grâce au crossplay et aux parties pouvant accueillir jusqu’à huit concurrents. Entre les matchs classés, les salons privés et la volonté permanente de progresser, il y a largement de quoi y consacrer des dizaines d’heures. Le système de progression manque toutefois un peu de générosité et n’offre pas toujours la motivation que l’on pourrait espérer. Heureusement, la communauté compétitive est là pour rappeler que l’humiliation publique reste une récompense intemporelle.

Au final, SpeedRunners 2: King of Speed applique la célèbre devise du « si ce n’est pas cassé, ne le répare pas ». La formule évolue peu, mais elle reste incroyablement efficace dès que plusieurs joueurs s’affrontent. Fun, nerveux et délicieusement cruel, le jeu réussit encore l’exploit de transformer les meilleurs amis en rivaux acharnés en moins de trois minutes. Une suite prudente, certes, mais suffisamment explosive pour donner envie de relancer une partie… puis une autre… puis une revanche absolument nécessaire, évidemment. Et enfin, il est disponible dans le Xbox Game Pass !
