Au cœur de Split Crystal, vous incarnez un Artisan des Portails chargé de remettre un peu d’ordre dans une magie qui semble avoir été gérée par le même service technique que celui de Jurassic Park. Le principe est simple : déplacer des cristaux, les poser sur des portails, les fusionner ou les séparer pour résoudre des énigmes dans trois environnements fantastiques. Une formule qui sent bon le puzzle indépendant à l’ancienne, avec juste ce qu’il faut de sorcellerie pour faire croire qu’on est un génie alors qu’on pousse essentiellement des cailloux brillants sur un damier.

Le gameplay repose entièrement sur des déplacements case par case dans des niveaux quadrillés. Chaque puzzle demande d’observer la disposition des cristaux et des portails afin de trouver la bonne combinaison d’actions. Fusionner un cristal, le diviser au bon moment ou utiliser correctement l’espace disponible apporte une petite satisfaction intellectuelle. Cela dit, on reste dans du Afil Games très classique : efficace, accessible, mais rarement surprenant. C’est un peu comme regarder un épisode de votre série préférée en rediffusion : ça fonctionne, mais vous connaissez déjà la recette.

Au niveau des graphismes, difficile de s’extasier devant le spectacle. Le pixel art fait le travail sans provoquer d’émerveillement. Les décors du Donjon Arcanique, de la Bibliothèque Magique ou du Château du Sorcier possèdent un minimum de charme, mais l’ensemble reste assez générique. On est loin d’une claque visuelle à la Hollow Knight. Disons que le jeu ressemble davantage à un parchemin magique imprimé en mode brouillon qu’à un chef-d’œuvre exposé dans les couloirs de Poudlard.

Pour la bande-son, le constat est un peu moins enchanté. Les musiques accompagnent correctement les énigmes mais deviennent rapidement répétitives. Après plusieurs niveaux, certains morceaux tournent tellement en boucle qu’on finit par les anticiper comme le générique d’un vieux mème Internet qu’on n’arrive plus à sortir de sa tête. Heureusement, le calme du gameplay évite que cela devienne réellement agaçant.
Concernant la durée de vie, Split Crystal propose 30 niveaux à parcourir. Les succès sont particulièrement faciles à obtenir, ce qui ravira les chasseurs de gamerscore en quête d’une récolte rapide. En revanche, une fois le dernier puzzle résolu, il reste peu de raisons d’y revenir. L’aventure s’achève proprement, puis rejoint assez vite cette immense bibliothèque de jeux terminés qu’on oublie quelques jours plus tard, quelque part entre un puzzle mobile et une promotion Xbox achetée un soir de faiblesse.

Au final, Split Crystal est un petit jeu de réflexion oubliable qui divertit le temps de quelques sessions sans jamais révolutionner le genre. Les amateurs de casse-têtes y trouveront quelques moments agréables, tandis que les autres risquent de l’oublier très vite. Bref, il y a bien mieux dans le genre, même chez Afil Games d’ailleurs.
