Les jeux de Bomberman qui débarquent tous ensemble dans une même collection, c’est un peu comme si un vieux pote du collège sonnait à ta porte avec un sac rempli de pétards: tu sais que ça va partir en vrille, mais tu ouvres quand même avec un sourire niais. Cette compilation rassemble sept épisodes issus de différentes régions et époques, avec tout ce qu’il faut pour transformer ton salon en champ de bataille stratégique: filtres CRT dignes d’une télé Thomson abandonnée en 1994, mode Boss Rush pour les masochistes chronométrés, et une galerie d’artworks qui ferait fondre même un Bomber-vilain. Le tout a ce parfum de Super Famicom qui te chatouille la mémoire, façon madeleine de Proust mais explosive.

Au niveau des graphismes, cette compilation donne l’impression que les cinq épisodes Super Famicom ont pris une cure de jouvence alors qu’ils n’ont même pas demandé. Les couleurs claquent toujours autant, les sprites de Bomberman sont aussi expressifs que dans ton souvenir, et certains effets, notamment dans les derniers épisodes, tiennent encore très bien la route. Bon, les deux épisodes NES ont pris un coup de vieux: c’est pixel land, saison 1, budget microscopique. Mais avec les filtres d’affichage, on peut recréer l’ambiance cathodique d’une époque où on jouait assis à 30 cm de l’écran en bravant l’avis médical général. Mention spéciale aux jaquettes en 3D à explorer: on dirait presque un musée du pixel, mais sans les audioguides insupportables.

Côté gameplay, cette compilation rappelle pourquoi Bomberman reste un monument: tu poses des bombes, tu fais exploser tout ce qui bouge, et parfois tu exploses toi-même parce que t’es resté coincé derrière un mur, tel un héros tragique de sitcom. Les montures, la TNT, les réactions en chaîne, les coups reçus « à l’ancienne »: tout est là pour faire chauffer tes réflexes et ton sens du timing. Le rembobinage et la sauvegarde à tout moment ajoutent un confort moderne bienvenu: une bénédiction quand tu réalises que tu viens de commettre la même erreur que ton toi de 1995. Et évidemment, jouer en local transforme n’importe quelle soirée en mini Hunger Games de salon. Si tu as déjà perdu une amitié à cause d’un Fire Power un peu trop généreux, ce jeu risque de te donner des flashbacks.

Pour la bande-son, on oscille entre nostalgie absolue et torture auditive volontaire. Les musiques des épisodes Super Famicom sont toujours aussi accrocheuses, parfaites pour te mettre dans l’ambiance « j’ai le droit de faire tout péter mais avec le sourire ». Et en plus, la Radio Bomb permet d’écouter tes musiques favorites comme tu le ferai avec une playlist Spotify. Niveau bruitages, cela dépend des épisodes, le premier Super Bomberman étant moins agréable que les autres comme à l’époque.

Concernant la durée de vie, difficile de faire la fine bouche: entre les sept jeux, les variations régionales, les modes solo bien remplis, la galerie, la radio, et évidemment les sessions multi canapé, il y a largement de quoi t’occuper. Le Boss Rush rajoute même une bonne dose de challenge, histoire de prouver une bonne fois pour toutes que ton skill n’a pas disparu avec ton vieux multitap. J’en avais eu un pour ma Super Nintendo avec le jeu Street Racer et au final, je l’utilisais surtout avec Super Bomberman 2 !

Le jeu est disponible dès maintenant en version dématérialisé à 19,99 euros et les versions physiques peuvent être précommandées dès à présent sur le site de Red Art Games : elles sortiront le 28 août prochain. A noter une jolie édition Switch au format boite de la Super Nintendo ! Elle donne envie !

Pour conclure, cette compilation est clairement une lettre d’amour adressée aux fans de Bomberman et une excellente porte d’entrée pour les nouveaux venus. L’humour, l’énergie, les explosions en pagaille: tout y est, sans artifices ni poudre aux yeux. Et pour vingt euros, difficile de faire plus honnête. Ce n’est pas seulement une collection: c’est une capsule temporelle prête à péter à la moindre étincelle, un petit concentré de nostalgie positive signé Red Art Games.