Test de The Last Case of John Morley – Polar Noir

Plonger dans The Last Case of John Morley, c’est comme accepter un rendez-vous galant avec le mystère… sauf que le mystère a oublié de se coiffer. Vous incarnez un détective revenu d’entre les bandages, prêt à déterrer une affaire vieille de vingt ans. Une aristocrate en détresse, des secrets poussiéreux, et vous, armé de votre sens de l’observation et d’une patience à toute épreuve. Bref, préparez-vous à fouiller des manoirs où les fantômes ont probablement Netflix, mais pas la fibre.

Private in the Blur

Au niveau des graphismes, on sent que le jeu a voulu faire son cinéma noir… mais a oublié d’embaucher le chef opérateur. Les décors sont réalistes, certes, mais les textures manquent de finesse, comme si elles avaient été repêchées dans un bac à sable de 2010. Et les visages… ah, les visages ! On dirait des mannequins de vitrine qui ont raté leur Botox. L’animation faciale est tellement figée qu’on se demande si John Morley ne mène pas une enquête dans un musée de cire. Immersion cassée, mais au moins, ça fait rire (un peu comme regarder The Room en pensant que c’est un thriller).

Animé, les visages sont moches

Pour le gameplay, on est dans la pure tradition du roman policier interactif : lecture, indices, puzzles. Si vous aimez reconstituer des scènes et fouiller des tiroirs virtuels, vous serez servi. Pas de fusillades, pas de poursuites en voiture, juste vous, votre cerveau, et quelques énigmes qui tiennent la route. C’est un peu comme jouer à Sherlock Holmes, mais sans le chapeau ni Watson pour vous rappeler que vous êtes génial. Ici, votre seul compagnon, c’est votre solitude… et Lady Margarette qui est bien mystérieuse.

Il y a quelqu’un?

Pour la bande-son, bonne surprise : la musique inspirée des années 40 colle parfaitement à l’ambiance. On se croirait dans un vieux film où Humphrey Bogart pourrait surgir à tout moment pour vous piquer votre cigarette. Les doublages en anglais sont convaincants, ce qui sauve un peu la mise quand les visages font grève. Fermez les yeux, écoutez, et vous aurez l’impression d’être dans L.A. Noire… mais sans la technologie du MotionScan.

Concernant la durée de vie, on est sur un sprint narratif : trois heures et c’est plié. Autant dire que si vous comptiez y passer votre week-end, prévoyez un plan B. Heureusement, le prix est doux : 12,99 euros. À ce tarif, c’est presque une affaire… contrairement à celle de Lady Margarette, qui aurait pu être résolue plus vite si elle avait eu Google.

Elle a mis 20 ans à demander une enquête la madame

En conclusion, The Last Case of John Morley est une petite enquête sympathique, bien écrite, qui saura séduire les amateurs de romans policiers. Il faudra faire abstraction d’une technique en mode « retour vers le passé », mais si vous aimez fouiller des secrets et écouter des musiques jazzy, vous passerez un bon moment. Et puis, avouons-le : trois heures sans explosion ni zombies, ça repose.