The Rogue Prince of Persia est arrivé comme un coup de dague dans le dos des attentes : personne ne s’attendait vraiment à voir la licence se transformer en roguelite, et pourtant, voilà qu’Evil Empire (oui, le studio derrière Dead Cells) a décidé de donner un nouveau souffle au Prince. Fini les puzzles et les sables du temps, place à des runs procéduraux, du parkour à la chaîne et des combats nerveux où chaque mort est une leçon. Un pari risqué ? Oui. Une bonne idée ? Clairement.

Dès les premières minutes, on sent la patte Dead Cells : des niveaux générés aléatoirement, une progression basée sur des runs et une boucle de gameplay qui nous pousse à recommencer « juste une petite dernière ». Mais là où d’autres roguelites s’enlisent dans une répétitivité lassante, The Rogue Prince of Persia compense avec son ADN de plateforme acrobatique. Courir sur les murs, sauter par-dessus des pièges et balancer des combos fluides, ça donne une vraie personnalité au jeu. On ne contrôle pas juste un personnage, on contrôle un danseur guerrier qui a décidé que la gravité était facultative.

Côté combat, le jeu a eu la bonne idée d’intégrer les déplacements aériens et acrobatiques au cœur des affrontements. Ici, pas question de taper bêtement sur des sacs à PV : on escalade, on dash, on contourne, on fait passer ses adversaires pour des plots d’entraînement. Le bestiaire est assez varié pour forcer à improviser, et l’intégration du décor (vignes, plateformes, murs à escalader) rend les batailles beaucoup moins statiques que dans la majorité des roguelites.

La progression, elle, repose sur une monnaie à récupérer et à sécuriser. On sent vite le dilemme : garder ses acquis ou tenter de gratter plus en prenant des risques. Ajoutez à cela un arsenal d’armes, de médaillons et de bonus en tout genre, et chaque run peut se transformer en laboratoire d’expérimentation pour trouver la combinaison qui colle le mieux à votre style. Même si, soyons honnêtes, au bout de quelques heures, certains runs finissent par se ressembler un peu trop.

Visuellement, le jeu est une belle réussite. Les cinématiques 2D dessinées à la main sont superbes, et l’ambiance persane est bien retranscrite, avec juste ce qu’il faut d’exotisme pour sortir du lot. Le style graphique est cohérent, élégant et fluide. La bande-son, énergique, suit bien le rythme des affrontements et du parkour, sans pour autant rester gravée en mémoire comme un thème de Lost Crown. Mais j’ai apprécié le style musical en tout cas, qui convient très bien à ce style de jeu.

En revanche, s’il fallait pointer une faiblesse, ce serait sans doute la difficulté. Le jeu reste exigeant par moments, mais il ne met pas vraiment les nerfs à rude épreuve comme certains concurrents du genre. Un roguelite « soft », presque, ce qui séduira les nouveaux venus mais frustrera peut-être les amateurs de challenge hardcore. Enfin, je dis ça pour les joueurs qui aiment le challenge, car personnellement, j’apprécie ce côté « accessible ».

En définitive, The Rogue Prince of Persia est une bonne surprise, qui a su s’améliorer avec… les sabliers du temps (désolé, elle était trop facile) avant de débarquer sur nos consoles Xbox. Même si je lui préfère le plus marquant Prince of Persia : The Lost Crown, ce spin-off roguelite reste un titre efficace, avec un gameplay soigné et une mécanique plateforme/combat bien foutue. Bref, un Prince qui a troqué sa couronne pour une capuche de voleur, et qui s’en sort avec panache. Et en plus, il est dans le Game Pass, alors foncez !
