Une station balnéaire abandonnée, une survivante traumatisée, un fantôme pas franchement aimable : The Tag-Along Obsession te prend par la main pour te dire « viens, ça va bien se passer ». Spoiler : ça ne se passe jamais bien. Entre cauchemars, médiums et vibes très films d’horreur asiatique où personne ne prend une bonne décision, le jeu t’embarque dans une enquête paranormale où chaque couloir sent la mauvaise idée. Et toi, courageux joueur, tu avances quand même… parce qu’appuyer sur « Nouvelle partie » semblait être une brillante initiative sur le moment.

Au niveau des graphismes, difficile de ne pas grincer des dents : c’est terne, flou, et ça donne parfois l’impression de jouer à un vieux souvenir plutôt qu’à un véritable jeu. Les textures bavent comme un burger trop chargé et les jeux de lumière font à peine illusion. L’ambiance visuelle aurait pu être un personnage à part entière, mais elle reste plutôt au stade de figurant fatigué. Même les lieux censés être inquiétants donnent surtout envie de réclamer un patch graphique, ou au moins une lampe torche un peu plus motivée.

Concernant le gameplay, on est face à un survival horror très classique façon walking simulator, sauf que marcher devient ici un sport extrême… sans jamais courir. Oui, passer en mode sprinteur n’est pas une option, ce qui transforme chaque fuite en promenade stressante. Se cacher dans un placard devant un fantôme qui te cherche devient alors une stratégie légitime… et étrangement efficace. Le spectre est visiblement plus nul qu’un ennemi dans un vieux jeu PS2, ce qui casse un peu la tension. Et fouiller les pièces tout en évitant cette menace molle devient vite plus agaçant que terrifiant.

Pour la bande-son, le jeu s’en sort un peu mieux, sans toutefois décrocher la lune. Les bruitages font le job et le doublage en chinois est plutôt convaincant, apportant un minimum d’authenticité à l’expérience. Malheureusement, l’absence de traduction française vient casser l’immersion pour les allergiques à l’anglais, et lire des sous-titres anglais pendant qu’un fantôme te traîne dans les coins sombres, c’est rarement l’idéal. On est donc plus proche d’un fond sonore correct que d’un élément marquant digne d’un Silent Hill.

Concernant la durée de vie, l’expérience se boucle assez rapidement et ressemble davantage à une session d’horreur jetable qu’à une aventure mémorable. En une soirée, tu auras probablement fait le tour, ce qui peut convenir… à condition d’y trouver du plaisir, ce qui n’est pas garanti. Les jumpscares sont bien là, mais ils peinent à masquer les lacunes globales, un peu comme un filtre Instagram sur une vieille photo floue : ça ne trompe personne très longtemps.
Au final, The Tag-Along Obsession ressemble à un film d’horreur correct qu’on regarde un soir par curiosité… avant de l’oublier dès le lendemain. L’idée de base avait du potentiel, mais l’exécution manque cruellement de finesse et de tension. Même en étant fan du genre, difficile de défendre une expérience aussi frustrante qu’un boss qu’on bat sans le vouloir. Bref, une sortie qui aurait peut-être mieux fait de rester cachée dans son placard.
