Équipé d’une panoplie d’outils qui ferait pâlir le garage de Doc Brown, UFOPHILIA vous propulse dans la peau d’un enquêteur persuadé que la vérité est bel et bien ailleurs. Chaque mission vous lâche dans un décor sombre où des extraterrestres imprévisibles vous observent comme si vous étiez l’attraction du jour au zoo intergalactique. On explore, on scanne, on panique un peu, et surtout on immortalise ces créatures avec un appareil photo qui doit probablement valoir plus cher qu’un appartement parisien. L’ambiance horrifique, les neuf types d’aliens et les variations aléatoires rendent chaque partie délicieusement imprévisible, un peu comme essayer de deviner l’issue d’un épisode de Black Mirror.

Concernant les graphismes, il est évident que le jeu ne cherche pas à rivaliser avec les mastodontes AAA qui brillent plus fort qu’un E.T. sous stéroïdes. Les environnements, plutôt réalistes, s’appuient largement sur une pénombre qui dissimule des textures parfois approximatives. Les aliens, même s’ils possèdent des designs intéressants, souffrent d’animations limitées qui donnent parfois l’impression qu’ils ont été capturés en motion capture par quelqu’un ayant oublié comment fonctionnent les articulations. Cela dit, cette rigidité leur donne presque un charme étrange, comme si chaque créature oscillait entre menace cosmique et pantin désarticulé échappé d’une brocante galactique.

Au niveau du gameplay, on retrouve une structure très proche de Phasmophobia, mais transposée dans un contexte extraterrestre qui lui donne une identité propre. La préparation occupe une grande partie de l’expérience: détecteurs EMF, caméras, vision nocturne, gadgets en tout genre, c’est un vrai inventaire de déménageur spécialisé dans la chasse aux anomalies. On arpente les lieux, on analyse les comportements, on tente de deviner quel type d’alien rôde dans les couloirs avant qu’il ne décide de nous attraper pour une petite balade dans son vaisseau. Et lorsque la phase finale arrive, avec l’objectif de capturer quatre clichés parfaits, on bascule soudain dans un mode survival où chaque couloir se transforme en zone interdite. Mention spéciale aux aliens agressifs qui vous foncent dessus comme si vous leur aviez volé leur dernier ticket pour Comic-Con.

Pour la bande-son, il faut reconnaître qu’elle fait tout à fait le job. Les bruissements, les chuchotements, les vibrations électroniques, tout contribue à installer une tension permanente. Les moments de calme, souvent trompeurs, sont entrecoupés de sons étranges qui vous rappellent que quelque chose vous observe probablement derrière la porte. Sans chercher à révolutionner l’univers sonore horrifique, le jeu parvient à rester cohérent et efficace. Ajoutons à cela que le titre est traduit en français, ce qui permet de profiter de l’ambiance sans se demander si l’alien derrière nous est hostile ou juste en train de demander poliment du pain.

Concernant la durée de vie, on profite ici d’une grande rejouabilité grâce à la nature aléatoire des apparitions, des phénomènes et des types d’aliens. Chaque mission réserve son lot de surprises, un peu comme ouvrir une pochette Panini où la surprise peut être un holographique rare ou… une carte en double. Le rythme du jeu, cependant, est volontairement lent: il faut observer, réfléchir, analyser. Ceux qui préfèrent courir partout en criant pourraient trouver l’expérience trop contemplative, mais les amateurs d’enquêtes posées et de tension progressive y verront une qualité. On regrettera tout de même l’absence de coopération: là où Phasmophobia brillait grâce à ses hurlements collectifs et ses stratégies hasardeuses, UFOPHILIA reste strictement solo. Mulder sans Scully, c’est toujours un peu triste.

Pour l’ambiance générale, il faut souligner la présence de clins d’œil assumés à la pop culture, notamment Signes, avec sa fameuse batte et son iconique chapeau en aluminium. Cette touche humoristique légère équilibre bien la tension et montre que les développeurs savent jouer avec les références sans en abuser. On sent une vraie volonté de créer un univers cohérent, entre humour, tension et imprévu. Le jeu ne révolutionne rien, mais il assemble ses inspirations avec suffisamment de personnalité pour qu’on s’y attache. On se surprend même à élaborer des théories farfelues à la X-Files, seul dans son salon, en espérant que l’alien agressif du coin n’ait pas décidé que notre performance mérite un enlèvement punitif.

Pour conclure, UFOPHILIA s’impose comme un clone assumé de Phasmophobia qui remplace les fantômes par des créatures venues d’ailleurs, et il le fait plutôt bien. Malgré une technique parfois datée et une absence regrettable de coopération, l’expérience reste solide, immersive et pleine de petites surprises qui raviront les fans d’ovnis, d’enquêtes et de frissons calculés. En solo, on se transforme volontiers en Mulder ou en Scully et on accepte de se faire courir après par des aliens qui semblent sortir tout droit d’un épisode perdu de The Twilight Zone. Ce n’est peut-être pas la révolution galactique, mais c’est un voyage agréable et étonnamment addictif.