Wonder Boy Asha in Monster World est une invitation à ressortir son sac d’aventurière des années 90. Cette fois, c’est Asha, guerrière aux cheveux verts et au brushing impeccable, qui reprend du service pour sauver son monde, accompagnée de son Pepelogoo bleu, créature mignonne qui flotte comme un ballon d’hélium à vos côtés. Remake du sixième épisode culte, le jeu garde son ADN d’origine mais avec une couche de peinture toute neuve, histoire de dépoussiérer les pixels d’époque.

Premier constat : graphiquement, le jeu fait sa mue. Les environnements sont colorés et le style « dessin à la main » donne une petite fraîcheur bienvenue. Mais attention, si tout ça est joli, on reste parfois dans un rendu un peu trop lisse. Mention spéciale pour certains ennemis (les loups et les champignons par exemple) qui semblent tout droit sortis d’un dessin animé YouTube fait avec trois feutres et un café tiède. Ça ne casse pas la magie, mais on aurait aimé un peu plus de personnalité.

Côté ambiance sonore, le studio a fait dans le classique : une bande-son fidèle mais qui tourne vite en boucle et finit par se faire oublier. Les bruitages sont là pour faire le job mais ne viendront pas réveiller vos voisins. Disons qu’on reste dans la nostalgie sans réelle prise de risque.
Le gameplay, lui, joue la carte de la fidélité : on avance, on saute, on cogne à l’épée, on ramasse des cœurs et on ouvre des coffres. Pas de révolution, mais c’est carré. Parfois trop carré d’ailleurs : les arrêts du personnage manquent un poil de précision, comme si Asha avait les chaussures légèrement savonneuses. Rien de dramatique, mais on s’en rend compte dans les passages qui demandent un peu de finesse.

Le level design est bien fichu, avec quelques moments où on aimerait juste une petite mini-map histoire de ne pas tourner en rond comme une toupie dans certaines tours. Il y a aussi une dose légère de réflexion entre deux bastons, ce qui change agréablement le rythme.
Le système de sauvegarde, en revanche, accuse son âge : tout se fait à la main. Et si vous oubliez de sauvegarder avant un passage difficile, vous allez apprendre à haïr cette mécanique comme au bon vieux temps des jeux 16 bits. À l’ancienne, quoi. Côté durée de vie, on est sur du classique encore une fois : 6 ou 7 heures si vous prenez le temps de tout faire, ou 4 à 5 heures pour ceux qui foncent tout droit.

En conclusion, Wonder Boy Asha in Monster World est un remake efficace du sixième épisode de la série. Il n’invente rien, reste très classique et traîne encore quelques défauts hérités de l’original (coucou la sauvegarde), mais ça reste une aventure de plateforme sympathique à découvrir. Un peu comme ressortir un vieux pull : ça ne suit pas la mode, mais qu’est-ce qu’on est bien dedans.