Test de Y. Village: The Visitors – Y pas eu de miracle

Vous êtes tranquillement chez vous, entre deux insomnies, quand une mystérieuse lettre vient perturber votre routine : « Souhaitez-vous être libéré de vos cauchemars ? Nous vous attendons… » Ambiance. Ni une ni deux, votre héros Batu, insomniaque professionnel, décide de partir pour Y. Village, un bled qui sent la secte, les mauvaises décisions et la sirène d’alarme à 3h du mat. 

Sombre

Premiers pas dans Y. Village et la promesse est là : une narration intrigante, une ambiance mystérieuse, une direction artistique qui tente l’originalité avec quelques séquences en FMV (vidéos d’acteurs réels) intégrées dans un univers à explorer. Le ton est posé, la curiosité éveillée. La question « mais c’est qui ce type en masque à gaz que je ne vois pas ? » pique l’intérêt. L’intro fait le job : elle accroche. Jusqu’ici tout va bien. Puis, on joue. Et là… tout va moins bien.

Toujours sombre

Le premier mur, c’est la lampe torche. Ou plutôt, le petit néon de vélo périmé qu’on vous file pour vous orienter dans une obscurité qui ferait passer Amnesia pour une comédie romantique en plein midi. Tout est noir, trop noir. Et ce n’est pas un choix artistique inspiré, c’est juste qu’on sent que les développeurs ont préféré noyer le décor dans les ténèbres plutôt que d’assumer les textures fatiguées et les environnements sans charme.

C’est clairement pas Versailles ici

Techniquement, le jeu vacille comme un serveur débutant avec un plateau de huit bières : bugs de script, freezes intempestifs, portes qui refusent de s’ouvrir sans raison, et pas de système de sauvegarde. Donc si vous avez la mauvaise idée de quitter le jeu ou pire, de planter, vous repartez depuis le début. Vous l’aurez compris : Batu n’est pas le seul à souffrir.

Côté traduction française, c’est un festival. Clairement, le texte a été passé à la moulinette d’un traducteur automatique qui devait être en burn-out. Résultat ? Des phrases parfois absurdes, souvent maladroites, et toujours gênantes. Même Google Traduction aurait levé les yeux au ciel. Les doublages ? Monotones. Les bruitages ? Oubliables. La musique ? Ah bon, y avait une musique ?

Je veux voir quelque chose!

En termes de gameplay, c’est du walking simulator pur jus. On avance, on observe, on clique sur quelques objets et on laisse l’ambiance faire le reste. Ce qui n’est pas en soi un défaut, mais ici, on est plus dans la promenade lente à l’aveugle qu’une vraie immersion. Heureusement, l’ambiance pesante tient encore un peu debout : le jeu arrive parfois à créer une tension grâce à son mystère initial et ses rares jumpscares. Mais tout cela retombe assez vite comme un soufflé oublié dans un four cassé.

Au final, Y. Village: The Visitors aurait pu être un petit jeu d’horreur original avec son intro pleine de promesses. Mais entre les problèmes techniques, l’enrobage visuel daté, une traduction risible et l’absence totale de finition, l’expérience tourne au cauchemar… sans besoin de lettre étrange. Dommage, car le mystère de départ méritait mieux.