On l’attendait tous au tournant, ce fameux Crimson Desert. Comme on n’a pas reçu de code pour le tester sur XboxOrNot, j’ai tout simplement sorti la carte bleue pour vous pondre un avis authentique, garanti zéro langue de bois.
Avant de rentrer dans le vif du sujet, un petit mot sur les développeurs : Pearl Abyss. Ce sont les créateurs de Black Desert Online, et ils ont la particularité d’utiliser leur propre moteur graphique maison. Le résultat ? C’est fluide, c’est magnifique, et croyez-moi, ça envoie du lourd.

Pour vous faire un résumé rapide de l’histoire principale, le jeu nous plonge au cœur d’une trahison sanglante. On incarne Kliff, le leader charismatique de la bande de mercenaires des « Crinières Grises ». Après une embuscade brutale où sa troupe est décimée et où il est lui-même mortellement blessé, le scénario va nous pousser à retrouver les survivants, rebâtir notre campement et, bien sûr, traquer ceux qui nous ont trahis. Au fil de l’aventure, Kliff se retrouve embringué malgré lui dans des complots politiques à grande échelle qui déchirent le continent de Pywel. Alors oui, le postulat de base de la vengeance est classique, mais c’est super bien rythmé et ça tient grave en haleine pendant une bonne vingtaine d’heures.
Mais là où ça devient vraiment intéressant, c’est que Kliff n’est pas qu’un simple manieur d’épée. Suite à sa résurrection in extremis, il développe des capacités hors normes qui évoluent au fil du jeu. On a d’abord ce fameux « coup de paume » dont je suis absolument fan : un skill ultra-jouissif qui permet d’étourdir net les ennemis trop collants ou d’exploser littéralement des parois rocheuses pour se frayer un chemin. Mais le vrai game changer, c’est la « force axiomatique ». C’est une énergie ancienne qui lui confère des capacités de télékinésie et de manipulation impressionnantes. Vous pouvez vous en servir pour attirer ou projeter des adversaires, interagir avec l’environnement pour résoudre des énigmes, ou créer des ondes de choc dévastatrices. Combiner cette force axiomatique avec le combat à l’arme blanche, ça donne des chorégraphies d’une violence et d’une classe absolue.

Bien sûr, on n’est pas tout seul dans cette galère. Le jeu a eu l’excellente idée de nous proposer des alliés qui permettent de varier radicalement le gameplay. D’un côté, on a Damian, une véritable femme fatale qui manie le mousquet comme personne. Son style est beaucoup plus vif et acrobatique, axé sur l’esquive et le tir de précision. C’est parfait quand on veut se la jouer un peu plus tactique et harceler les ennemis à moyenne distance avant de foncer au corps-à-corps. Et de l’autre, on a Oongka. Comment vous décrire la bête ? C’est un ogre massif, un vrai tank taillé pour la destruction. Quand je vous disais tout à l’heure que mon délire c’était le style « ultra-bourrin », avec lui, c’est l’apothéose. Il frappe fort, encaisse les coups sans broncher, et permet littéralement de balayer des groupes entiers d’ennemis d’un seul revers de bras. Passer de la nervosité de Kliff, à la finesse de Damian, pour finir sur la brutalité totale d’Oongka, ça apporte un vrai bol d’air frais au fil des heures de jeu.
Le seul vrai problème avec ce trio, c’est qu’on est obligé d’utiliser Kliff la quasi-totalité du temps. Hormis quelques séquences bien spécifiques liées à l’histoire où l’on prend le contrôle de Damian et Oongka, ces phases sont beaucoup trop rares. Résultat : on a très vite tendance à les mettre de côté psychologiquement pour se focaliser uniquement sur l’évolution, les compétences et l’équipement de Kliff. Vu que c’est lui qu’on se trimballe 95 % du temps lors de nos grosses sessions d’exploration, l’investissement sur les autres personnages passe forcément à la trappe, ce qui est vraiment frustrant vu leur énorme potentiel manette en main.

Car manette en main, justement, c’est un vrai régal. C’est dynamique et visuellement super fluide. Vous pouvez la jouer fine à distance (à l’arc ou au fusil depuis les dernières maj), ou y aller franco à la grande épée, à la hache ou à la hallebarde. Perso, vous l’avez compris, mon truc c’est la double lame pour foncer dans le tas ! Le petit détail qui tue pour les fans de catch : vous pouvez carrément lâcher des RKO ou des powerbombs façon Korganor en plein milieu du combat. C’est jouissif et ça renouvelle vachement l’action.
Pour faire de vrais dégâts, il va falloir passer par la case farming. Le jeu utilise un système d’artéfacts et d’orbes abyssales qui permettent de booster vos stats ou d’ajouter des dégâts élémentaires. Quand vous trouvez les bonnes orbes, ça change littéralement le jeu. Côté survie, il y a la mécanique des comprimés de paume. C’est un objet qui vous ressuscite après une défaite (de 30% au début, jusqu’à 100% de votre vie une fois amélioré à fond). Résultat des courses : si vous farmez bien, le Game Over n’existe quasiment plus à haut niveau. C’est un choix de difficulté particulier, à vous de voir si ça vous plaît !

D’ailleurs, pour mettre la main sur ces fameux artéfacts et orbes, il ne suffira pas de taper bêtement sur le premier monstre venu en monde ouvert. Le jeu vous demande de plonger au cœur des Abysses. Ces zones, qui prennent la forme de failles dimensionnelles mystiques, proposent des défis bien spécifiques qui tranchent avec le reste de l’aventure. Dès qu’on y met les pieds, l’ambiance change du tout au tout. On se retrouve face à des énigmes environnementales parfois bien tordues ou à des combats d’une intensité folle qui vont vraiment tester la maîtrise de vos combos et de vos esquives. C’est le vrai terrain d’examen du jeu : on y transpire un bon coup, mais le sentiment de satisfaction quand on en sort vainqueur avec un butin de malade est tout simplement grisant. Une boucle ultra addictive qui pousse à scruter chaque recoin de la map à la recherche de la prochaine faille.
Le monde de Pywel est tout simplement gigantesque. Des montagnes enneigées de Pailune au grand désert, les décors sont superbes et l’immersion est totale. Comptez 100 heures minimum pour faire un beau tour d’horizon, et des centaines d’heures si vous êtes du genre à vouloir absolument tout poncer.

C’est d’ailleurs en arpentant cette carte immense qu’on profite à fond du système de recherches. Parce que oui, on n’est pas seulement là pour enchaîner les combats en mode no-brain. Le jeu propose de vraies mécaniques de traque et d’enquête où il faut pister des cibles, fouiller des zones pour trouver des indices ou débusquer des trésors bien planqués. Ça pousse vraiment à lever le nez du guidon et à observer les moindres recoins des environnements. C’est une super idée pour casser le rythme entre deux grosses bastons et ça donne une vraie dimension d’aventure et de chasse au trésor à notre périple.
Entre deux expéditions et sessions de pistage, vous gérez le camp de votre bande. Ça commence comme un petit bivouac et ça finit en vrai village. On peut y pêcher, cultiver, et même élever des animaux (les nourrir, récolter les œufs, etc.). C’est aussi hyper satisfaisant de nouer des contrats avec les marchands de la carte pour qu’ils livrent directement chez vous.
D’ailleurs, en parlant des à-côtés du camp, impossible de passer à côté du craft du coucou. Oui, vous avez bien lu ! Entre deux combats bien sanglants, le jeu vous propose de partir à la recherche de matériaux bien spécifiques aux quatre coins de la carte pour fabriquer cet objet. Ça peut paraître complètement absurde et décalé pour un mercenaire endurci, mais c’est typiquement le genre de petit délire annexe qui m’a bien fait marrer. C’est la touche parfaite pour votre village, et ça prouve à quel point les développeurs ont voulu pousser le souci du détail de l’artisanat jusqu’au bout.

Les familiers ne servent plus qu’à ramasser les objets : certains viennent désormais vous aider en plein combat (big up au Phénix qui m’a sauvé la mise plusieurs fois !). Pour se déplacer, on commence avec un cheval, mais on peut débloquer un loup, un ours, un dodo, un dragon et même une wyverne ! Seul petit bémol : le dragon ne peut pas voler librement au-dessus des villes, on se fait éjecter direct.
Il faut être honnête, tout n’était pas parfait à la sortie (les menus étaient un peu galère). Mais Pearl Abyss a fait un boulot monstrueux avec des mises à jour gratuites qui ont totalement transformé le jeu. Tout n’est pas parfait pour autant : devoir jouer obligatoirement Kliff en frustrera certains (comme on l’a vu plus haut), et on attend toujours un mode coop. Ce qui m’a le plus déçu, c’est l’équipement de fin de jeu : une fois améliorées à fond, toutes les armes et armures se ressemblent. Ça manque un peu de style, même si on peut bidouiller ça avec les sorcières pour l’esthétique.

Crimson Desert est un jeu généreux, immense et prometteur. Le studio a su rattraper ses erreurs de lancement pour nous offrir une aventure inoubliable. Les petits défauts passent vite à la trappe quand on est plongé dedans, et il est très rare de lâcher la manette avant d’avoir passé le cap des 30 heures de jeu. Une œuvre monumentale à savourer de toute urgence, foncez !
