Bienvenue dans le futur, un millénaire après la fin de l’humanité. L’air est toxique, la planète est ravagée, et les seules survivantes sont… des clones d’une adolescente immortelle nommée Iris, devenue une sorte de déesse qu’on appelle la MÈRE-DE-TOUTES. Vous incarnez Qui-observe, l’une de ses filles, chargée de plonger dans les souvenirs sacrés de la Mère pour revivre son passé. Jusque-là, tout va bien. Mais quand vos sœurs commencent à murmurer que la MÈRE-DE-TOUTES pourrait bien mentir depuis un millier d’années, la communion tourne vite au crash spirituel. Voilà le point de départ de 1000xRESIST, un jeu narratif ambitieux, étrange, parfois brillant… mais souvent aussi perché que ses références.

Dès les premières minutes, le ton est donné : on navigue entre science-fiction métaphysique, philosophie de comptoir et trip mental sous acide. L’histoire est vaste, riche, voire trop riche : il faut encaisser des couches entières de dialogues et de concepts avant de comprendre ne serait-ce que la moitié de ce qu’il se passe. Les fans de NieR:Automata ou des films de Satoshi Kon y verront sans doute une expérience artistique fascinante. Les autres risquent de froncer les sourcils, un doigt sur le bouton « Skip ».

Le scénario repose presque entièrement sur la narration et les dialogues. Vous explorez des souvenirs, discutez avec vos clones de sœurs, et découvrez petit à petit les failles du culte qui entoure la MÈRE-DE-TOUTES. Sur le papier, c’est passionnant : sur l’écran, c’est parfois long. Très long. Les conversations s’étirent comme du chewing-gum philosophique et le rythme, déjà lent, s’enlise dans des monologues pompeux où chaque phrase semble vouloir réinventer la science-fiction.

Côté gameplay, pas de panique : vous ne risquez pas de vous perdre dans des mécaniques complexes. 1000xRESIST est avant tout un visual novel entrecoupé de quelques phases d’exploration à la troisième personne. On se balade, on observe, on écoute, et on fait quelques choix de dialogues. C’est correct, mais jamais exaltant. Ceux qui aiment les jeux narratifs contemplatifs y trouveront peut-être leur compte, les autres risquent de regarder leur montre.

Techniquement, ce n’est pas la claque visuelle qu’on pouvait espérer. Les décors sont vides, les animations datées, et certaines textures font penser à une époque où la Xbox 360 en bavait encore. Ce minimalisme pourrait passer pour un choix artistique, mais il renforce surtout l’impression d’un projet un peu fauché. Heureusement, la bande-son relève le niveau : les doublages sont impeccables, la musique accompagne bien les moments clés et l’ambiance sonore reste soignée.

Le jeu se boucle en une douzaine d’heures, ce qui est à la fois respectable et un peu trop pour ce qu’il a à raconter. L’écriture, malgré ses excès, reste solide et parfois même poignante, notamment dans les passages où la MÈRE-DE-TOUTES révèle ses failles. On sent que les développeurs ont voulu proposer une œuvre totale, mêlant théâtre, cinéma et jeu vidéo. L’intention est noble, le résultat… un peu fatiguant.
En résumé, 1000xRESIST est un jeu narratif difficile d’accès. Il trouvera sans doute son public grâce à sa science-fiction bien écrite et son univers singulier. Mais le commun des mortels, même amateur de récits contemplatifs, risque de rester à quai devant une aventure aussi tordue que pompeuse.