A Pizza Delivery raconte le dernier trajet de B, une livreuse de pizzas qui roule vers sa conclusion personnelle au milieu d’un monde surréaliste, pleine d’énigmes centrées sur la connexion humaine. Sur son scooter, elle traverse un espace mental fait de paysages étranges, de transitions inattendues et de rencontres avec des personnages un peu cabossés de l’intérieur. L’idée est simple: livrer une pizza, écouter des histoires, découvrir la sienne. En théorie, c’est poétique. En pratique…

Dès les premières minutes, on comprend que piloter le scooter, c’est un peu comme essayer de faire du slalom avec un frigo attaché aux poignées. La conduite est raide comme un piquet, pas agréable du tout, et on a vraiment l’impression de faire du jet-ski sur de l’herbe. C’est particulier, et ce n’est pas un compliment. Quant aux déplacements à pied, ils ne relèvent pas le niveau, avec une rigidité qui ferait presque passer un mannequin de vitrine pour un as du parkour.

La caméra, elle, semble vivre sa meilleure vie ailleurs. Elle traverse les murs sans se poser de question, se coince quand ça l’arrange, et donne parfois l’impression de vouloir s’échapper du jeu elle aussi. Résultat: on se bat presque autant avec l’angle de vue qu’avec le scooter, ce qui n’était clairement pas prévu dans le cahier des charges.
Visuellement, le jeu fait illusion pendant deux minutes: on se dit que l’herbe qui bouge au vent, c’est sympa, que ça donne un petit côté vivant. Et puis on s’approche. Et là… c’est moche. Un truc pas fini, pas stable, pas inspiré. Beau de loin mais très loin d’être beau. En plus, malgré ces graphismes minimalistes, le jeu lague, freeze, hésite, toussote. On a l’impression qu’il est rendu sur une calculatrice qui n’a pas signé pour ça.

La bande-son, elle, fait le job et soutient l’action comme elle peut. C’est correct, sans éclat, mais suffisant pour accompagner ce mini-voyage d’une heure. Parce que oui, une heure suffit pour tout boucler, à condition de ne pas se perdre avec le scooter qui refuse d’aller où on veut.
Sur le plan narratif, ça se veut méditatif et profond, mais ça manque de consistance. Les personnages sont excentriques mais pas assez développés pour réellement toucher. On sent l’intention, mais la mise en scène n’arrive jamais à la hauteur de l’ambition. Entre le gameplay raide, les décors peu inspirés et la technique fragile, l’émotion n’a pas vraiment la place de s’installer.

A Pizza Delivery est un jeu narratif peu intéressant et pas très bien foutu. On est content au début de voir de l’herbe qui bouge au vent, et puis ensuite on se rend compte que c’est assez moche et que le level design est mal foutu. Au final, une pizza qui arrive tiède et dont on aurait préféré se passer.