Bienvenue en Amazonie, terre luxuriante, mystérieuse… et manifestement pleine de dinosaures sortis d’un PowerPoint de 1998. Dans Acre Crisis, on incarne Tais D. Oliveira, sous-lieutenante envoyée avec son escouade pour enquêter sur des morts suspectes et des rumeurs de monstres préhistoriques. Évidemment, rien ne se passe comme prévu : tout le monde finit en casse-croûte pour T-Rex, et le joueur, lui, devient la prochaine victime du gameplay.

Commençons par le décor : c’est censé être une jungle amazonienne, mais on dirait plutôt un parc de loisirs fermé depuis la PS1. Les textures semblent sculptées au burin, les arbres ressemblent à des bâtons verts et les dinosaures à des figurines fondues au micro-ondes. Quant aux personnages, on atteint le niveau Playmobil fâché avec l’anatomie. Bref, Acre Crisis est un musée de la 3D mal vieillie, sauf qu’il est sorti en 2025.

La mise en scène, elle, mérite un prix spécial du silence. Pas de doublages, peu de bruitages, pas même un cri d’effroi… rien. On a l’impression d’assister à un film muet avec un piano d’ambiance. Les dialogues, quand ils apparaissent à l’écran, oscillent entre le nanar militaire et la traduction automatique d’un manuel d’entretien. Si l’objectif était de créer un malaise, c’est réussi.

Côté gameplay, Acre Crisis se veut un FPS de survie, mais il faudrait d’abord qu’il réussisse à être jouable. La maniabilité donne l’impression de contrôler un soldat bourré avec des bottes en plomb, et la configuration des touches est un poème absurde : viser avec RT, tirer avec B, sauter avec X (ou Y je ne sais plus, c’est tellement absurde), courir avec A etc… Un vrai bordel, et surtout un vrai problème.

Les combats, eux, sont à la hauteur du reste : imprécis, lents et souvent injustes. Tirer sur un dinosaure relève du miracle, et parfois il meurt… mais parfois non. C’est un peu la roulette russe de la survie. Les animations, elles, rappellent les jeux d’époque où chaque mouvement se faisait en trois frames et demi. Même un raptor aurait du mal à courir avec autant de rigidité.

La musique, quand elle daigne se manifester, se fait discrète, presque gênée d’être là. Et le pire, c’est que tout ça se boucle en deux heures. Trois si vous êtes maso et que vous essayez le mode Arcade, sorte de mini-session de survie qui ressemble davantage à une punition qu’à un bonus.
En résumé, Acre Crisis est un Dino Crisis de l’univers parallèle où tout a mal tourné. C’est moche, mal fichu, mal rythmé et surtout… incroyablement vide. On sent la bonne intention derrière, mais elle a dû se faire dévorer dès le premier niveau. Et pourtant, je ne suis pas difficile quand il s’agit de dino !