Glissez, rebondissez et préparez-vous à sauver le monde à l’échelle d’un blob avec Adventurous Slime, un jeu qui prend un malin plaisir à transformer une flaque de gélatine en héros improbable. Le pitch tient sur un post-it collé sur un écran cathodique : Lord Old Skull s’est échappé, les slimes sont en panique, et c’est à vous, petit machin visqueux personnalisable, de remettre de l’ordre dans ce royaume magique. Entre biomes colorés, boss pas contents et chemins alternatifs, le jeu promet une aventure rétro qui sent bon la NES poussiéreuse et les chips au paprika. Oui, c’est mignon. Oui, c’est un slime avec des chapeaux. Et non, ce n’est pas Ghostbusters, même si on y pense très fort.

Au niveau des graphismes, Adventurous Slime fait un bond direct dans une machine à remonter le temps direction la NES. Les couleurs pastel sont là, les sprites sont simples, et l’ensemble pourrait tourner sur une console qui se branche avec une antenne râteau. Le problème, c’est que cette direction artistique manque cruellement d’âme. Tout est fonctionnel mais terriblement générique, comme si quelqu’un avait copié-collé un jeu de plateforme du store en changeant juste le héros. On est loin d’un coup de cœur visuel, et plus proche d’un fond d’écran Windows 98 version fantasy. Ça se regarde sans douleur, mais sans étincelle non plus.

Côté gameplay, le titre se présente comme un mini-metroidvania, même si en manette en main on ressent surtout un action plateforme très classique. Sauter, taper, éviter des trous et affronter des ennemis à la chaîne, le tout réparti sur quatre zones distinctes avec quatre boss à la clé. La maniabilité est correcte, rien de scandaleux à signaler, et le slime répond plutôt bien aux commandes. Disons que le jeu fait le job, sans jamais surprendre. Ceux qui crient que c’est la même chose qu’un metroidvania ont techniquement raison, mais c’est un peu comme dire qu’un croissant industriel et un croissant de boulanger, c’est pareil : sur le papier peut-être, dans la bouche beaucoup moins.

Pour la bande-son, le constat est plus douloureux que prévu. Les musiques sont répétitives et finissent par taper sur le système, avec ce petit côté musique d’ascenseur qui tourne en boucle. Mention spéciale aux niveaux avec de l’orage, où le bruitage de la foudre arrive comme un jumpscare sonore beaucoup trop puissant par rapport au reste. On sursaute plus à cause du son qu’à cause des ennemis, ce qui n’était probablement pas l’effet recherché. Concernant la durée de vie, l’aventure se boucle assez vite, surtout pour les joueurs habitués du genre, mais le prix de 5,99 euros rend la pilule plus facile à avaler.

Au final, Adventurous Slime n’est clairement pas le messie du jeu de plateforme 2D, mais il n’est pas non plus le pire rejeton du slime multivers. C’est jouable, pas cher, et suffisamment sympa pour passer quelques heures sans s’arracher les cheveux. On n’ira pas annuler une soirée pour y jouer, ni le citer dans une conversation sérieuse sur l’évolution du genre, mais pour un petit plaisir rétro sans prétention, ça glisse tout seul. Et parfois, c’est déjà suffisant.
