Il y a des héros qui sauvent le monde avec une épée légendaire, et puis il y a Mako, accompagnée d’un oiseau rouge capable de se transformer en bâton. Rien que le concept ressemble à une réunion de brainstorming qui aurait dérapé après trois cafés de trop. Dans Akatori, on parcourt des mondes ravagés par d’étranges tempêtes d’ambre dans une aventure mêlant plateforme, action et metroidvania. Entre exploration, combats et capacités à débloquer, le jeu nous embarque dans un voyage coloré qui rappelle cette époque où découvrir un nouveau passage secret était plus excitant qu’ouvrir une application bancaire un lundi matin.

Au niveau des graphismes, Akatori fait immédiatement bonne impression. La direction artistique est vraiment réussie avec un pixel art mignon, coloré et rempli de charme. Les décors défilent avec variété entre monastère, mines, forêt, château et usine, ce qui évite la sensation de visiter quinze fois la même pièce repeinte. Les animations sont fluides et le personnage se déplace avec naturel. On est loin du héros qui semble glisser sur le sol comme une chaussette sur du carrelage. L’ensemble dégage une vraie personnalité, un peu comme si un vieux classique de la Super Nintendo avait suivi un programme de remise en forme.

Concernant le gameplay, c’est là que le jeu brille le plus. L’exploration est agréable, les contrôles répondent bien et les nombreuses capacités obtenues au fil de l’aventure renouvellent constamment les affrontements. J’ai particulièrement apprécié le bâton-oiseau qui permet aussi bien de cogner les ennemis que de résoudre des situations d’exploration. La réflexion des projectiles ou encore les uppercuts qui envoient valser les adversaires apportent une vraie sensation de progression. En revanche, certains passages utilisant les poteaux de bambou demandent un peu de patience, surtout quand des ennemis volants décident de transformer votre trajet en remake non officiel de Ninja Warrior.

Pour la bande-son, les musiques accompagnent efficacement l’aventure et collent bien à l’ambiance des différentes zones. Les thèmes sont agréables sans chercher à voler la vedette à l’action. Malheureusement, les bruitages manquent de présence. C’est d’ailleurs le principal défaut du jeu selon moi : les coups manquent d’impact. On frappe des monstres, ils tombent, mais la sensation n’est pas toujours au rendez-vous. C’est un peu comme donner un coup de marteau dans un coussin : techniquement l’action existe, émotionnellement c’est autre chose.

Concernant la durée de vie, Akatori propose suffisamment de contenu pour retenir les amateurs d’exploration. Entre les différentes difficultés, les pouvoirs à débloquer, les Arènes du Chaos et les vingt statues de chats cachées un peu partout, il y a largement de quoi occuper les joueurs curieux. J’ai aussi apprécié le système risque/récompense autour du chaos accumulé et des points de contrôle. Cela ajoute une petite touche rogue-lite bienvenue sans transformer le jeu en usine à frustration. Les plus téméraires pourront même tenter le mode One Chance, une expérience que je recommande uniquement aux gens qui regardent Dark Souls comme un tutoriel pour débutants.

Pour conclure, Akatori est une bonne surprise qui réussit à mélanger plateforme, exploration et progression dans une formule à la fois accessible et efficace. Son univers attachant, son excellente direction artistique et son gameplay évolutif donnent envie d’aller fouiller chaque recoin du monde. Certes, les coups manquent parfois de puissance et quelques mécaniques demandent un peu de tolérance, mais cela ne suffit jamais à gâcher l’aventure.
