Test de American Theft 80s – Un plaisir gâché

American Theft 80s nous promettait un voyage nostalgique dans le crime rétro, mais l’expérience s’apparente finalement davantage à un test de patience qu’à un casse de haut vol. Si le titre parvient à séduire par son ambiance néon et sa proposition « bac à sable » complète, il s’effondre malheureusement sous le poids de mécaniques de jeu frustrantes et mal équilibrées. Ce qui devrait être une progression grisante devient un cycle de « Game Over » et de rechargements de sauvegardes incessants.

Le plus gros point noir réside dans l’incohérence totale de l’intelligence artificielle. Le jeu semble incapable de trouver un juste milieu : vous pouvez saccager une maison entière, briser des vitres et laisser un désordre monstre sans que personne ne s’en émeuve, mais oubliez de refermer une simple porte intérieure et c’est l’alerte générale. La police débarque instantanément avec une agressivité digne d’un indice de recherche maximal dans GTA, ne vous laissant aucune chance de fuite.

Cette frustration est accentuée par un système de combat et de poursuite totalement injuste. Alors que vous disposez d’une endurance illimitée pour explorer, celle-ci fond comme neige au soleil dès que les forces de l’ordre vous prennent en chasse. À l’inverse, les PNJ semblent dotés d’une énergie infinie et d’une ouïe surhumaine, capables de vous entendre marcher sur de la moquette à travers des murs épais. Les affrontements au corps à corps sont tout aussi punitifs : vous vous épuisez après un seul échange, tandis que vos adversaires se relèvent sans cesse pour vous achever.

Pour les complétistes, le calvaire est de taille. Débloquer les 30 succès demandent environ 50 à 60 heures de jeu, une durée gonflée non pas par une difficulté gratifiante, mais par la nécessité de recommencer des segments entiers à cause de bugs de collision ou de scripts rigides (comme ces portes qui se reverrouillent magiquement après le passage d’un témoin). Bien qu’il y ait deux fins à découvrir et un mode sandbox assez riche, l’investissement en temps semble disproportionné par rapport au plaisir procuré. C’est dommage, car la base héritée de Thief Simulator est là, mais elle est ici noyée dans une exécution technique qui manque cruellement de finition.

Au final, je suis déçu. J’adore la licence Theft Simulator, je me régale à chaque cambriolage. Là, j’ai l’impression qu’on me bride mon plaisir à cause de ces problèmes d’intelligence artificielles et les nombreux moments illogiques. De plus, les moments où il faut se changer dans la voiture pour prendre des vêtements adéquats en fonction de ce qu’on fait est vraiment d’une lourdeur. Même si, se déguiser en électricien pour rentrer chez des gens, même à 2h du matin, c’est amusant mais mal mis en scène. Sur ce point là, je préfère tellement plus Hitman, mais le budget n’est pas comparable et l’ambition du jeu non plus.